L’Égypte entend conclure avant la fin de l’année 2025 un nouvel accord d’échange de dette avec plusieurs partenaires européens, a annoncé la ministre de la Planification, Rania Al-Mashat.
En marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington, la ministre égyptienne de la Planification a précisé que l’accord d’échange de dette envisagé s’inscrira dans la continuité des programmes déjà menés depuis les années 1990, dont la valeur cumulée atteint près d’un milliard de dollars avec des pays tels que l’Allemagne et l’Italie, rapporte la chaîne Al-Arabiya. D’autres opérations similaires devraient suivre en 2026, dans le cadre d’une stratégie nationale visant à renforcer la soutenabilité de la dette extérieure.
Selon Rania Al-Mashat, « l’échange de dette est un outil de gestion permettant de convertir une partie des créances extérieures en monnaie locale pour financer des projets de développement convenus avec les créanciers ».
Ce mécanisme, a-t-elle poursuivi, permet à la fois de réduire la pression sur la balance des paiements et de soutenir des priorités nationales, notamment dans les secteurs des infrastructures, de la santé et de l’éducation.
L’Égypte a déjà signé des accords de ce type avec cinq membres du Club de Paris – la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et la Suisse – pour un montant total supérieur à 900 millions de dollars. En mai 2025, un nouvel accord avec l’Allemagne d’un montant de 21 millions d’euros a été paraphé, tandis qu’un programme « dette contre développement » avec la Chine a été lancé en octobre 2023, couvrant la période 2025-2029.
Selon la Banque centrale égyptienne, la dette extérieure du pays a atteint 156,7 milliards de dollars fin mars 2025, contre 152,9 milliards de dollars neuf mois plus tôt.
Le ministre des Finances a, pour sa part, annoncé qu’une nouvelle stratégie de gestion de la dette extérieure serait présentée en décembre 2025. Celle-ci ambitionne de ramener le ratio de la dette publique à moins de 60 % du PIB et d’allonger la maturité moyenne des emprunts.
En marge des réunions de Washington, Rania Al-Mashat a également évoqué une possible stabilisation des recettes du Canal de Suez à partir de la mi-2026, après une chute de plus de 60 % en 2024, à 4 milliards de dollars, en raison des perturbations du trafic maritime causées par les attaques houthis en mer Rouge.
« Nous pourrions avoir une bonne surprise, tout dépendra de la rapidité avec laquelle le commerce mondial reprendra », a-t-elle estimé.
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