Deux groupes chinois ont lancé en Égypte des projets industriels totalisant 270 millions de dollars, confirmant l’accélération des investissements chinois dans les chaînes de valeur manufacturières du pays.
L’Autorité générale égyptienne pour les investissements et les zones franches (GAFI) a annoncé mercredi la pose de la première pierre de l’usine Deli Egypt, un projet de 200 millions de dollars implanté dans la ville du 10 de Ramadan. Selon la GAFI, cette unité de production de fournitures de bureau s’inscrit dans la montée en puissance du partenariat stratégique sino-égyptien, au moment où Pékin consolide sa présence industrielle dans la région MENA à travers l’initiative « Ceinture et Route ».
Le gouvernement égyptien a octroyé au projet une « licence dorée », un dispositif accéléré permettant de regrouper en une seule autorisation l’ensemble des permis de construction, d’exploitation et d’acquisition foncière.
Le groupe Deli prévoit de faire de cette usine une plateforme industrielle intégrée, dotée de systèmes de gestion avancés et de chaînes logistiques optimisées. Selon son PDG, l’unité devrait générer un chiffre d’affaires annuel de 150 millions de dollars et créer 3 000 emplois directs. Érigée sur 160 000 m², elle produira des fournitures destinées non seulement au marché égyptien mais aussi aux marchés africains, arabes et européens, bénéficiant des multiples accords de libre-échange du pays.
Dans un communiqué, le président de la GAFI a souligné que ce projet renforcera la capacité industrielle locale et la position de l’Égypte comme hub régional pour les technologies bureautiques et l’industrie des fournitures de bureau, à un moment où Le Caire s’efforce de stimuler les investissements productifs et de réduire sa dépendance aux importations.
Parallèlement, l’Autorité générale de la zone économique du Canal de Suez a annoncé la mise en chantier de l’usine Xinmin, spécialisée dans la production de verre, de pyrex et d’ustensiles de table. Ce projet de 70 millions de dollars, implanté dans la zone industrielle « Sokhna 360 », s’étendra sur 163 000 m² et vise une capacité annuelle de 516 millions de pièces. Il devrait créer plus de 3 000 emplois, selon le communiqué.
La première phase de l’unité entrera en service en juillet 2026, renforçant le positionnement de la zone économique du Canal de Suez comme plateforme industrielle majeure pour les projets spécialisés.
La Chine figure désormais parmi les principaux investisseurs étrangers en Égypte, avec des engagements dépassant 8 milliards de dollars. D’après les données de la CAPMAS, le commerce bilatéral reste toutefois déséquilibré : les importations égyptiennes en provenance de Chine atteignent près de 17 milliards de dollars, contre 1,5 milliard seulement d’exportations vers Pékin. Les deux nouvelles usines s’inscrivent ainsi dans un effort de rééquilibrage visant à renforcer la capacité productive locale et à intégrer davantage l’Égypte dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
MK/Sf/APA







