Les avoirs nets en devises étrangères de la Banque centrale d’Égypte ont poursuivi leur progression à la fin novembre 2025, franchissant le seuil de 11,8 milliards de dollars. Ils se sont établis à environ 11,884 milliards de dollars, contre 11,748 milliards un mois plus tôt, traduisant une amélioration modérée mais continue de la position extérieure de l’institution monétaire, après plusieurs années de fortes tensions sur les liquidités en devises.
Cette évolution intervient dans un contexte de stabilisation relative du marché des changes, après les ajustements monétaires successifs engagés depuis 2023. La hausse enregistrée en novembre représente un gain d’environ 136 millions de dollars sur un mois, confirmant une tendance haussière amorcée depuis le second semestre 2025, à la faveur d’entrées de capitaux ciblées et d’un encadrement plus strict de la demande de devises.
Sur le plan macroéconomique, ces chiffres constituent un signal rassurant pour les autorités, confrontées à un déficit chronique de devises et à une forte pression sur la livre égyptienne. Les avoirs nets en devises, indicateur clé de la capacité du système bancaire à faire face à ses engagements extérieurs, avaient atteint des niveaux critiques en 2022 et 2023, alimentant pénuries, inflation importée et tensions sur les importations stratégiques.
Pour autant, cette amélioration reste fragile et soulève plusieurs interrogations. La progression des avoirs nets s’appuie largement sur des flux non récurrents, notamment les financements concessionnels, les investissements directs liés aux accords du Golfe et les appuis multilatéraux.
La capacité de l’économie égyptienne à générer durablement des devises à travers ses fondamentaux – exportations, tourisme, transferts des expatriés et recettes du canal de Suez – demeure inégale et exposée aux chocs externes.
Par ailleurs, la hausse des avoirs nets en devises ne signifie pas nécessairement une reconstitution complète des marges de manœuvre de la Banque centrale. Le niveau actuel, bien qu’en amélioration, reste modeste au regard des besoins de financement extérieur du pays, de l’ampleur de la dette libellée en devises et des échéances de remboursement à court et moyen terme.
Cette dynamique s’inscrit enfin dans un cadre de politique monétaire encore contraint, marqué par des taux d’intérêt élevés et une inflation persistante, qui pèsent sur la croissance et le pouvoir d’achat. La Banque centrale se trouve ainsi confrontée à un équilibre délicat : préserver la stabilité financière et reconstituer ses réserves, sans étouffer une économie déjà sous tension.
En dépassant les 11,8 milliards de dollars, les avoirs nets en devises offrent à l’Égypte un répit mesuré plutôt qu’un tournant décisif, confirmant que le redressement financier reste étroitement lié à la poursuite des réformes structurelles et à la consolidation durable des sources de devises.
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