Le président Touadéra a décliné les ambitions de Bangui pour le PND estimé à 7 000 milliards de francs CFA, en insistant depuis Casablanca sur la nécessité de financements concessionnels pour éviter l’aggravation du fardeau de la dette.
Casablanca a accueilli, les 14 et 15 septembre, une table ronde des investisseurs consacrée au Plan national de développement 2024-2028 (PND) de la République centrafricaine (RCA). Dotée d’une enveloppe de 12 milliards de dollars (environ 11,2 milliards d’euros), cette stratégie vise à remettre sur pied un pays fragilisé par des décennies de conflits et de dépendance extérieure.
Coprésidé par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et les autorités marocaines, l’événement a réuni bailleurs multilatéraux, partenaires privés et institutions financières. Dans son allocution, M. Touadéra a justifié le choix de Casablanca en mettant en avant « l’excellence des relations historiques » avec le Maroc et le rôle du roi Mohammed VI dans la promotion de la prospérité africaine. Selon lui, la RCA veut s’inspirer de modèles africains de stabilité et de modernisation économique pour attirer des investissements structurants.
Le pays met en avant ses ressources minières abondantes — or, lithium, cobalt, uranium, fer —, son potentiel hydroélectrique de 2 000 MW et ses vastes terres agricoles, ainsi qu’une population très jeune, dont près de la moitié a moins de 15 ans.
« Ce dividende démographique ne sera un atout que s’il s’accompagne d’emplois, d’infrastructures et de services publics », a-t-il averti.
La ministre marocaine de l’Économie, Nadia Fettah Alaoui, a appelé à « des partenariats équilibrés et viables », citant l’énergie, l’agriculture, la digitalisation et les infrastructures comme priorités.
Le Fonds monétaire international a, de son côté, rappelé la vulnérabilité budgétaire du pays, fortement dépendant de l’aide extérieure et d’emprunts domestiques coûteux.
« L’augmentation des dons et des prêts concessionnels reste la condition pour éviter un coût social plus lourd », a souligné son représentant, Samba Mbaye.
Au-delà des annonces financières, la rencontre de Casablanca a aussi valeur de symbole. Elle inscrit la RCA dans une dynamique de coopération Sud-Sud et confirme le rôle du Maroc comme plateforme diplomatique et économique régionale. Reste à savoir si les promesses d’investissement se traduiront en projets concrets, condition essentielle pour transformer la RCA de « pays fragile » en acteur crédible du développement africain.
MK/Sf/APA







