Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Ukraine, conjuguées aux épisodes de chaleur extrême qui affectent plusieurs grandes régions agricoles, ont propulsé les prix mondiaux des denrées alimentaires à leur plus haut niveau depuis trois ans, en juillet, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’indice des prix alimentaires de la FAO s’est établi à 131,1 points, en hausse de 0,6 % par rapport à juin et de 1 % sur un an. Cet indicateur, qui mesure l’évolution des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires, retrouve ainsi un niveau inédit depuis trois ans.
Les céréales ont constitué le principal moteur de cette hausse. Leur indice a progressé de 3,4 % sur un mois, avec une envolée de 5,8 % des prix du blé.
Selon la FAO, cette progression reflète « les inquiétudes concernant les exportations en provenance de la mer Noire, combinées aux épisodes de chaleur qui touchent plusieurs grandes régions productrices », dans un contexte où les marchés redoutent une baisse de l’offre mondiale.
Les prix du maïs ont également augmenté de 3,6 %, soutenus par la sécheresse dans certaines régions des États-Unis et par la hausse des prix de l’énergie alimentée par les tensions géopolitiques. À l’inverse, les cours internationaux du riz sont restés globalement stables.
Le sucre a enregistré l’une des plus fortes hausses du mois (+5,6 %), effaçant le recul observé en juin.
Les marchés ont notamment été soutenus par les craintes liées à « la persistance d’un temps chaud et sec sur les rendements des cultures dans l’Union européenne, ainsi qu’aux effets du phénomène El Niño sur les récoltes des principaux pays producteurs d’Asie », souligne l’agence onusienne.
Les huiles végétales ont également progressé de 2 %, atteignant leur niveau le plus élevé depuis juin 2022. Les prix de l’huile de palme ont été tirés par la forte demande du secteur indonésien du biodiesel et par la hausse du pétrole brut.
Ceux de l’huile de soja ont bénéficié d’une demande soutenue aux États-Unis et d’un regain des importations mondiales. Les huiles de tournesol et de colza ont, en revanche, reculé.
Les produits d’origine animale ont limité la progression de l’indice global. Les prix de la viande ont baissé de 2,8 % par rapport au record atteint en juin, enregistrant leur premier repli mensuel de l’année. Cela est dû à l’effet d’une offre abondante de volaille brésilienne et de viande porcine européenne face à une demande mondiale modérée.
Les produits laitiers ont également reculé de 0,7 %, en raison de la baisse des prix du lait en poudre et du beurre. La FAO relève toutefois que « les prix des fromages commercialisés à l’international ont augmenté pour la première fois depuis un an ».
La contraction saisonnière de l’offre de lait dans l’Union européenne a compensé « la baisse continue des prix en Océanie ainsi que la pression exercée par l’abondance des exportations et la concurrence accrue des États-Unis ».
ARD/Sf/APA







