Les intervenants à la première édition de l’« Africa Sustainability Forum 2026 » ont souligné que la transition de l’Afrique vers une économie plus verte dépendra de sa capacité à élargir l’accès à une énergie abordable, à mobiliser des financements climatiques, à créer des emplois décents et à développer les industries locales.
Le forum, qui a réuni à Lagos des dirigeants d’entreprise, des décideurs politiques et des professionnels du développement durable, visait à examiner comment les économies africaines peuvent atteindre leurs objectifs climatiques tout en s’attaquant à la pauvreté, au déficit d’infrastructures et aux besoins liés à la croissance industrielle.
Dans une présentation intitulée « Que signifie une transition juste pour l’Afrique ? », Marilyn Obaisa-Osula, associée et responsable des services ESG, du développement durable et du changement climatique, ainsi que de la stratégie « Net Zéro » pour la zone « West Market Area » chez PwC, a soutenu que la transition écologique du continent doit tenir compte de ses priorités en matière de développement.
Son intervention a mis en avant cinq exigences fondamentales : garantir un accès universel à une énergie abordable et fiable, créer des emplois décents pour une population active en pleine croissance, favoriser l’industrialisation et la création de valeur ajoutée locale, assurer une répartition équitable des coûts de la transition et protéger les travailleurs et les communautés qui dépendent des industries liées aux combustibles fossiles.
Selon elle, l’ampleur du défi est considérable. Elle a cité des estimations selon lesquelles environ 600 millions d’Africains sont privés d’électricité et un milliard de personnes n’ont pas accès à des solutions de cuisson propres.
La présentation a également mis en évidence un important déficit de financement : moins de 2,5 milliards de dollars auraient été alloués à l’accès à l’énergie, alors que les besoins annuels sont estimés à environ 15 milliards de dollars.
L’experte en développement durable a affirmé qu’une transition crédible devait permettre d’élargir l’accès à l’énergie et de soutenir le développement industriel, tout en maintenant les émissions à un niveau faible.
Elle a plaidé en faveur d’un meilleur accès aux financements concessionnels et aux subventions, de la transformation des minerais critiques sur le continent africain, du développement de chaînes de valeur régionales et du renforcement de la protection sociale des travailleurs et des communautés touchés par cette transition.
Le Dr Aminu Maida, vice-président exécutif de la Commission nigériane des communications (NCC), a, pour sa part, souligné l’importance de politiques claires et cohérentes afin de donner aux entreprises et aux investisseurs la confiance nécessaire pour engager des capitaux.
Représenté par Mme Oluntunde Osunleye, directrice des services réglementaires au sein de la Commission, le Dr Maida a abordé les questions relatives aux infrastructures de télécommunications « vertes », au partage des infrastructures et aux initiatives de la NCC visant à soutenir la croissance de l’économie numérique.
Il a insisté sur le fait qu’un avenir durable nécessitera une réglementation efficace, des partenariats solides et une collaboration étroite entre toutes les parties prenantes.
Placée sous le thème « Avenirs durables : favoriser des transitions justes, une croissance verte et une prospérité partagée », cette première édition de l’Africa Sustainability Forum 2026 a notamment mis l’accent sur la nécessité de traduire les engagements en matière de durabilité en résultats économiques concrets pour les entreprises, les ménages et les communautés.
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