L’ancien ministre burkinabè de l’Éducation nationale, Wendkouni Joël Lionel Bilgo, a été placé sous mandat de dépôt avec le directeur exécutif de sa société immobilière, dans une affaire présumée de vente illégale de parcelles à Bobo-Dioulasso, a annoncé le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de la ville.
Wendkouni Joël Lionel Bilgo, gérant de la Société immobilière Traoré et frères (SITRAF), et Vincent de Paul Kaboré, directeur exécutif de la même société, ont été placés sous mandat de dépôt le 28 août 2026 pour « exercice illégal d’activités de promotion foncière et de publicité d’activités de promotion immobilière sans autorisation préalable de l’autorité habilitée », selon un communiqué du procureur Sékou Traoré.
L’affaire a débuté le 19 août, à la suite d’un signalement du commissariat central de police de Bobo-Dioulasso faisant état de la vente de parcelles nues par la SITRAF sans autorisation.
Les investigations ont permis d’identifier trois sites concernés par les activités de la société. Deux sont situés à Léguéma et couvrent une superficie totale de 197 hectares, tandis que le troisième, implanté à Lôgôfourousso, s’étend sur 16 hectares.
Une perquisition effectuée au siège de la SITRAF a conduit à la saisie de plusieurs documents, notamment des attestations d’attribution de parcelles. Entendus par les enquêteurs, les deux responsables auraient reconnu que l’agrément obtenu par leur société le 12 janvier 2026 les autorisait à construire une cité sur chacun des trois sites, mais ne leur permettait ni de morceler les terrains pour les vendre ni d’en assurer la publicité.
Le parquet estime que ces pratiques constituent une violation de la loi n°2023-008/ALT du 20 juin 2023 portant promotion immobilière au Burkina Faso.
Plusieurs personnes ont par ailleurs déclaré avoir acheté des parcelles auprès de la SITRAF. Le nombre exact d’acquéreurs et l’ampleur des transactions restent toutefois à déterminer, selon le procureur.
La société SITRAF a également été poursuivie pour les mêmes faits. Les infractions visées sont passibles de peines allant de six mois à dix ans d’emprisonnement, ainsi que d’amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA par hectare aménagé, en plus du double du montant des parcelles vendues.
Le dossier doit être examiné lors de l’audience prévue le 4 septembre 2026 devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso.
Le parquet invite, par ailleurs, toute personne qui s’estime lésée dans cette affaire à se manifester auprès des autorités compétentes.
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