Le Kenya a demandé à l’Arabie saoudite de lever les restrictions de voyage, imposées aux voyageurs en provenance de son territoire pour prévenir la propagation du virus Ebola, estimant ces mesures disproportionnées et non fondées sur des preuves scientifiques, selon une note diplomatique datée du 30 octobre 2026.
Dans une correspondance adressée au ministère saoudien des Affaires étrangères à Nairobi, le ministère kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora a exprimé sa « profonde préoccupation » après la décision de Riyad, annoncée vendredi, de suspendre les déplacements vers l’Arabie saoudite et les arrivées en provenance du Kenya.
Nairobi soutient avoir maîtrisé le foyer épidémique détecté dans le pays depuis le 6 octobre. Les neuf cas recensés appartiennent à un même groupe lié à un cas importé et les personnes concernées étaient déjà placées en quarantaine lorsqu’elles ont développé la maladie, affirme le document, qui fait état d’une absence de transmission communautaire.
Sept patients encore sous traitement répondraient favorablement aux soins et devraient sortir de l’hôpital le 3 novembre. Le Kenya prévoit également de libérer à cette date 46 personnes placées en quarantaine parmi les contacts identifiés.
Au total, 135 contacts ont été identifiés et suivis quotidiennement depuis le début de l’épidémie. Les premiers ont achevé leur période de quarantaine de 21 jours et ont été libérés le 26 octobre. Les autres devraient sortir le 3 novembre, sous réserve de résultats négatifs, précise la note, qui indique qu’aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 19 octobre.
Le gouvernement kényan affirme également que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué la gestion professionnelle et transparente de l’épidémie dans le pays et déconseillé toute restriction aux voyages et aux échanges commerciaux. Selon la même source, l’OMS estime faible le risque de propagation en dehors de la République démocratique du Congo (RDC) et des pays voisins.
Nairobi considère que la suspension des visas et l’interdiction d’entrée visant toute personne ayant séjourné au Kenya au cours des 21 derniers jours constituent une mesure générale et punitive, qui dépasse les nécessités de la situation sanitaire.
Ces restrictions risqueraient notamment de pénaliser les pèlerins, les travailleurs kényans établis en Arabie saoudite, les étudiants ainsi que les échanges commerciaux et touristiques, déplore le ministère.
Outre la levée des mesures, le Kenya demande aux autorités saoudiennes de transmettre à l’OMS, conformément à l’article 43 du Règlement sanitaire international (2005), les justifications des restrictions susceptibles d’entraver significativement le trafic international, dans un délai de 48 heures, puis de les réexaminer dans les trois mois.
Nairobi annonce enfin son intention de partager ses préoccupations avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), en coordination avec les pays concernés du continent, et se dit disposé à fournir aux autorités sanitaires saoudiennes des informations techniques détaillées sur la situation épidémiologique.
AC/Sf/APA





