Six ressortissants burkinabè ont péri vendredi dans l’effondrement d’une galerie sur un site d’orpaillage du cercle de Kangaba, dans le sud-ouest du Mali, près de la frontière guinéenne. Le drame survient dans l’un des principaux bassins aurifères artisanaux du pays, déjà marqué par plusieurs accidents meurtriers.
L’éboulement s’est produit le 30 octobre à Dioulafoundou, dans la commune rurale de Nouga, rattachée au cercle de Kangaba dans la région de Koulikoro. Selon l’Agence malienne de presse (AMAP), le site se trouve dans une zone isolée et l’intervention a nécessité une pelleteuse pour extraire les corps des décombres.
La galerie, aménagée dans un puits, mesurait environ 12 mètres de haut et huit mètres de large, selon la même source. Le préfet de Kangaba s’est rendu sur les lieux avec des responsables de la Police, de la Gendarmerie, de la Garde nationale et de la Protection civile.
La présence de six ressortissants burkinabè parmi les victimes rappelle la dimension régionale de l’orpaillage artisanal, qui attire des travailleurs au-delà des frontières nationales. Kangaba appartient à l’un des principaux espaces d’exploitation artisanale de l’or au Mali, avec Kéniéba, Yanfolila, Bougouni, Kadiolo et plusieurs autres zones du sud et de l’ouest du pays.
Le nouveau drame intervient dans une commune déjà touchée par un accident majeur. Le 29 janvier 2025, à Danga, également dans la commune de Nouga, la rupture d’une digue avait provoqué l’inondation d’excavations occupées par des orpailleuses. Treize décès avaient été annoncés dans les premiers bilans.
Quelques semaines plus tard, en février 2025, un autre accident à Bilalikoto, dans le cercle de Kéniéba, avait fait au moins 43 morts, principalement des femmes. En mars de la même année, neuf personnes avaient péri dans l’effondrement d’un puits à N’Tahaka, dans le nord du pays.
Ces accidents touchent un secteur important pour l’économie malienne. Le Mali figurait en 2024 parmi les principaux producteurs africains d’or, avec une production industrielle de 51 tonnes. Le métal jaune représentait près de 80 % des exportations du pays, tandis que l’exploitation artisanale procure directement ou indirectement des revenus à une importante population.
Face à la répétition des accidents, les autorités ont renforcé le contrôle des sites. Une Brigade spéciale des Mines, dotée de pouvoirs de police judiciaire et d’une compétence nationale, a été créée en mars 2026 pour lutter notamment contre l’exploitation clandestine et contribuer à la sécurisation des sites miniers et d’orpaillage.
Le Mali applique également une suspension saisonnière de l’orpaillage pendant l’hivernage, période où les risques d’effondrement augmentent avec les pluies. En 2026, les activités ont été suspendues sur l’ensemble du territoire du 15 juin au 30 septembre, conformément à un arrêté interministériel adopté en 2015. L’accident de Dioulafoundou est ainsi survenu un mois après la fin de cette période d’interdiction.
Les autorités cherchent parallèlement à formaliser davantage l’exploitation artisanale afin d’améliorer les conditions de sécurité, la traçabilité de l’or et la protection des communautés vivant autour des sites.
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