En visite au Caire, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à préserver les canaux diplomatiques face aux tensions autour de l’Iran, tout en dénonçant la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre le risque d’une escalade militaire au Moyen-Orient, lors d’une visite en Égypte dominée par les tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Reçu par le président Abdel Fattah al-Sissi et le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, il a soutenu les efforts du Caire en faveur d’une désescalade et appelé les acteurs régionaux et internationaux à privilégier les solutions diplomatiques.
Les discussions ont notamment porté sur les risques d’une reprise des hostilités contre l’Iran et sur les conséquences qu’un tel scénario pourrait entraîner pour les pays du Golfe. Le chef de la diplomatie égyptienne a indiqué que Le Caire maintenait des contacts avec Téhéran, Washington et plusieurs partenaires régionaux afin de prévenir une nouvelle confrontation. Guterres a salué cette démarche, estimant que le maintien du dialogue était essentiel dans un contexte marqué par la multiplication des tensions et des démonstrations de force.
L’avertissement du secrétaire général est sans équivoque : une attaque de grande ampleur contre l’Iran, suivie de représailles massives contre les États du Golfe, pourrait provoquer des conséquences difficiles à maîtriser.
Cette perspective fait peser une menace sur la stabilité régionale, les infrastructures stratégiques et les relations entre les puissances du Moyen-Orient. Les efforts de médiation se poursuivent alors que les capitales concernées cherchent à éviter un engrenage militaire aux répercussions potentiellement internationales.
La question palestinienne a également occupé une place centrale dans les échanges. Guterres a réaffirmé son soutien à une solution à deux États et au droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Il a dénoncé les violences en Cisjordanie, l’expansion des colonies et les expulsions, tout en réclamant un accès humanitaire durable à Gaza. Le secrétaire général a aussi insisté sur la nécessité de lever les obstacles à l’acheminement de l’aide et de garantir le fonctionnement des organismes humanitaires, notamment l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
L’Égypte, qui joue un rôle de médiation dans le dossier palestinien et constitue une voie d’accès majeure pour l’aide destinée à Gaza, a plaidé pour une reprise durable des opérations humanitaires. Le Caire défend également un renforcement du système multilatéral, qu’il estime indispensable pour prévenir les conflits et faire respecter le droit international. Le président al-Sissi a notamment appelé à une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies afin de mieux refléter les équilibres internationaux et d’accroître la représentation de l’Afrique.
À quelques mois de la fin de son mandat, Guterres a ainsi placé sa visite sous le signe de la prévention des conflits et de la crédibilité des institutions internationales. Des tensions autour de l’Iran à la crise palestinienne, les dossiers évoqués au Caire illustrent les limites des mécanismes actuels de règlement des crises. Pour le chef de l’ONU, la multiplication des foyers de confrontation rend plus urgente la relance du dialogue, alors que les conséquences d’une nouvelle guerre pourraient dépasser largement les frontières du Moyen-Orient.
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