Le ministre nigérian de la Défense, le général à la retraite Christopher Musa, a appelé les pays africains à mettre fin à leur dépendance à l’égard des équipements militaires étrangers, à renforcer leurs industries de défense nationales et à unir leurs efforts contre le terrorisme et la criminalité transnationale qui menacent le continent.
S’exprimant lors d’une rencontre stratégique avec des ministres africains de la Défense et des chefs d’état-major des armées, en marge du Salon et de la Conférence internationale de la défense en Afrique (AFRIDEX 2026), à Lagos, Christopher Musa a estimé que l’Afrique devait cesser d’être un théâtre de rivalités entre puissances géopolitiques pour devenir un acteur influent, capable de peser sur les décisions mondiales en matière de sécurité.
Le continent peut y parvenir grâce à son autonomie stratégique, à des mécanismes de sécurité collective et à des partenariats internationaux mutuellement avantageux, respectueux de la souveraineté nationale, a-t-il déclaré.
« L’Afrique doit dépasser son statut de théâtre de rivalités entre intérêts géopolitiques concurrents pour devenir un acteur influent dans l’élaboration des décisions mondiales en matière de sécurité », a-t-il affirmé.
Le ministre nigérian a souligné que les partenariats dans le domaine de la défense devaient répondre aux priorités africaines, plutôt que de perpétuer une dépendance stratégique ou de porter atteinte à la souveraineté des différents pays.
Il a relevé que l’intensification de la concurrence géopolitique, les ingérences extérieures et l’évolution des alliances internationales en matière de sécurité rendaient indispensable l’adoption d’une position commune des pays africains sur les questions de sécurité continentale.
Christopher Musa a ainsi plaidé pour une représentation accrue de l’Afrique dans les instances mondiales de décision en matière de sécurité et une meilleure coordination entre les institutions de défense continentales, régionales et nationales.
Il a réaffirmé l’engagement du Nigéria en faveur de l’Architecture africaine de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui constitue, selon lui, un cadre pour répondre aux défis sécuritaires évolutifs du continent.
Le ministre a estimé que le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité organisée avaient de plus en plus un caractère transnational, rendant insuffisantes les réponses nationales fragmentées.
Il a cité le Sahel, le bassin du lac Tchad, la Corne de l’Afrique ainsi que certaines parties de l’Afrique centrale et australe parmi les régions nécessitant une coopération renforcée pour contenir l’insécurité.
Selon lui, le partage du renseignement, la confiance mutuelle et la responsabilité collective sont essentiels pour empêcher les groupes terroristes et les réseaux criminels d’exploiter les frontières nationales.
« Le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité organisée dépassent de plus en plus les frontières nationales, tandis que des réponses nationales fragmentées permettent aux menaces de se déplacer d’une région à l’autre », a-t-il déclaré.
Christopher Musa a exhorté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES) à maintenir une coopération concrète en matière de sécurité, malgré les divergences politiques actuelles.
Il a estimé que les pays voisins devaient renforcer les échanges de renseignements, la coordination aux frontières et les opérations de lutte contre le terrorisme, compte tenu de leurs intérêts communs en matière de sécurité.
Le ministre a également appelé à un engagement diplomatique accru de l’Afrique pour contribuer au règlement des conflits prolongés au Soudan et dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il a ajouté que des initiatives coordonnées de consolidation de la paix et de prévention des conflits étaient nécessaires pour compléter les opérations militaires et réduire les conséquences humanitaires de l’instabilité prolongée.
Il a par ailleurs souligné que l’action militaire, à elle seule, ne pouvait garantir une paix durable en l’absence d’une gouvernance efficace, de perspectives économiques et de la confiance de la population dans les institutions de l’État.
« Les opérations militaires ne peuvent, à elles seules, garantir une sécurité durable sans une gouvernance efficace, des perspectives économiques et la confiance de la population dans les institutions de l’État », a-t-il déclaré.
Il a préconisé des approches intégrées s’attaquant aux causes profondes des conflits, tout en renforçant la protection des civils et la stabilisation après les conflits.
Selon des médias locaux, les autres responsables africains de la défense présents à la rencontre ont salué l’organisation de l’événement par le Nigeria et se sont engagés à veiller à la mise en œuvre de ses principales recommandations et résolutions.
Ces médias ont ajouté qu’AFRIDEX 2026 avait réuni des acteurs de la défense et de la sécurité afin d’examiner les innovations technologiques, de renforcer la coopération militaire et de promouvoir des partenariats destinés à répondre à l’évolution des défis sécuritaires du continent.
GIK/lb/Sf/APA





