La Russie et les pays africains ont appelé conjointement à de profondes réformes des institutions de gouvernance mondiale et rejeté les sanctions unilatérales imposées en dehors du cadre des Nations Unies, à l’issue du troisième sommet Russie-Afrique, clôturé jeudi.
Dans une déclaration adoptée au terme de ce sommet de deux jours à Moscou, les dirigeants se sont engagés à œuvrer à la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale afin de garantir une représentation et une influence accrues de l’Afrique dans les décisions mondiales.
Le président russe, Vladimir Poutine, et le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, ont pris la parole lors de la séance de clôture avant de superviser l’adoption de la déclaration et d’un plan d’action pour la coopération couvrant la période 2027-2029.
La volonté de promouvoir un ordre international plus équitable a constitué l’un des principaux thèmes de la rencontre. Les dirigeants se sont opposés à ce qu’ils ont qualifié de mesures coercitives unilatérales contraires au droit international, notamment les sanctions imposées sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies.
La déclaration rejette également le gel ou la confiscation d’avoirs souverains et condamne les mesures de coercition politique et économique visant des États souverains.
Les dirigeants se sont en outre engagés à lutter contre les pratiques qu’ils qualifient de néocoloniales, estimant qu’elles portent atteinte à la souveraineté nationale, limitent l’autonomie de décision et favorisent l’exploitation des ressources naturelles. Parmi celles-ci figurent les controversés accords liant l’aide sanitaire à certaines conditions, que l’administration Trump cherche à faire conclure aux pays africains.
Sur la gouvernance multilatérale, la Russie et les pays africains sont convenus d’intensifier leurs efforts en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’accroître la représentation africaine, tout en plaidant pour une réforme plus large des institutions financières internationales, notamment le FMI et la Banque mondiale.
Le sommet a également appelé au rétablissement, dans les meilleurs délais, de la pleine participation de l’Afrique du Sud aux travaux du G20.
L’Afrique du Sud est exclue des réunions du G20 depuis que les États-Unis ont pris, en décembre dernier, la présidence de ce groupe réunissant les principales économies mondiales. L’administration Trump estime que le pays africain ne mérite pas d’en être membre.
Au-delà des questions de gouvernance, la déclaration définit plusieurs domaines dans lesquels la coopération pourrait être renforcée, notamment la sécurité, les infrastructures, le commerce, les technologies et la culture.
Les dirigeants sont convenus de renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme, en particulier face à l’utilisation croissante par les groupes terroristes de drones, de plateformes de communication cryptées et de systèmes financiers numériques.
Ils se sont également opposés à ce qu’ils ont décrit comme une politisation des mécanismes internationaux de contrôle des armements, de désarmement et de non-prolifération nucléaire.
Sur le plan économique, la déclaration préconise un renforcement de la coopération dans le développement des industries des métaux précieux et l’expansion des infrastructures maritimes, fluviales, routières, ferroviaires et aériennes.
Les deux parties se sont également engagées à élargir leur coopération dans l’exploration pacifique de l’espace, les technologies satellitaires et la recherche scientifique.
La déclaration soutient par ailleurs la restitution des biens culturels emportés des pays africains pendant la période coloniale et approuve les démarches visant à examiner les mécanismes juridiques permettant d’évaluer les préjudices subis durant la domination coloniale et de demander réparation.
Le troisième sommet Russie-Afrique a réuni des dirigeants, des ministres et de hauts responsables russes et africains afin d’évaluer les progrès de leurs relations et de définir de nouveaux domaines de coopération, dans un contexte de concurrence géopolitique accrue et de recomposition des alliances internationales.
JN/lb/Sf/APA





