Les attaques contre les entreprises appartenant à des étrangers et les pressions exercées par des groupes hostiles aux migrants soulèvent des inquiétudes sur l’attractivité de l’Afrique du Sud auprès des investisseurs, dans un contexte de concurrence accrue entre les économies d’Afrique australe pour attirer les capitaux.
Pendant des décennies, l’Afrique du Sud s’est imposée comme une destination majeure pour les investissements sur le continent, grâce à son économie industrialisée, à ses marchés financiers développés et à ses infrastructures. Mais les tensions xénophobes et les menaces visant des entreprises employant des ressortissants étrangers fragilisent cette image.
Ces derniers mois, plusieurs commerces appartenant à des étrangers ont été pillés, menacés ou contraints de fermer lors de manifestations hostiles aux migrants. Des groupes invoquant la défense des emplois locaux ont également procédé à des inspections non autorisées dans des entreprises, exigeant notamment des registres du personnel et interrogeant des travailleurs sur leur statut migratoire.
Pour l’analyste Donald Porusingazi, ces agissements dépassent les pertes financières immédiates et posent la question de la prévisibilité de l’environnement des affaires. Les investisseurs ont besoin de garanties concernant la protection de leurs biens, le respect des contrats et le règlement des différends dans le cadre de la loi, souligne-t-il.
Les critiques dénoncent par ailleurs des réactions parfois tardives ou insuffisantes des autorités face à ces incidents. Si les responsables sud-africains condamnent régulièrement la xénophobie et réaffirment les garanties constitutionnelles, des acteurs économiques et de la société civile réclament des mesures plus fermes pour protéger les entreprises.
Selon Porusingazi, la perception de la capacité de l’État à assurer la sécurité des activités commerciales peut peser sur les décisions d’investissement, y compris celles des grandes entreprises qui ne sont pas directement visées par les violences.
Cette situation intervient alors que la concurrence pour attirer les investissements directs étrangers s’intensifie en Afrique australe. Le Zimbabwe cherche à mobiliser des capitaux dans les mines, l’agriculture, les énergies renouvelables et l’industrie manufacturière, tandis que le Botswana mise sur sa stabilité politique et la cohérence de ses politiques publiques.
La Namibie suscite également un intérêt croissant à la suite d’importantes découvertes de pétrole et de gaz. Le Mozambique, pour sa part, conserve des perspectives d’investissement dans le secteur énergétique grâce à ses vastes réserves de gaz naturel.
Les États-Unis ont récemment manifesté leur intérêt pour un renforcement des relations économiques avec le Zimbabwe, alors que leurs relations avec l’Afrique du Sud connaissent des tensions.
Même si ces économies ne disposent pas individuellement du même poids industriel et financier que l’Afrique du Sud, leur présence élargit les possibilités offertes aux investisseurs dans la région.
Au-delà des tensions xénophobes, l’Afrique du Sud doit également composer avec des préoccupations liées à la criminalité, à l’approvisionnement en énergie et aux contraintes logistiques. Autant de facteurs susceptibles d’influencer les choix des investisseurs dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
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