La protection de la propriété intellectuelle, l’accès des jeunes aux financements et la mobilisation de la diaspora ont été au centre des interventions prononcées jeudi à Accra, au deuxième jour de l’Elevate Africa Annual Convening 2026, consacré à l’économie créative, à la jeunesse et à la diaspora.
« Notre soft power, notre pouvoir d’influence culturelle, devrait faire plus que susciter l’intérêt du monde. Il devrait amener le monde à adhérer à ce que nous proposons », a déclaré Olori Atuwatse III, reine consort du royaume de Warri et cofondatrice d’Elevate Africa.
Évoquant l’afrobeats, Nollywood et le kente, elle a plaidé pour des modèles économiques permettant aux Africains de posséder leurs créations, de les diffuser et d’en tirer pleinement profit.
« Nous devons aller plus loin et faire en sorte que la génération suivante hérite aussi des institutions qui lui permettront de prospérer grâce à ce qui nous est propre », a-t-elle affirmé, appelant à mieux soutenir les jeunes entrepreneurs par l’accès aux capitaux, aux marchés et aux responsabilités.
Pour elle, les jeunes Africains ne doivent plus être considérés uniquement comme les dirigeants de demain, mais comme des acteurs du présent. Elle a exhorté les institutions à accompagner leur créativité et leur capacité d’innovation afin de transformer leurs initiatives en opportunités économiques durables.
La cofondatrice d’Elevate Africa a également plaidé pour une meilleure intégration de la diaspora dans le développement du continent, au-delà des seuls transferts financiers. Elle a notamment appelé à favoriser les investissements, les partenariats et les échanges de compétences entre l’Afrique et les communautés afro-descendantes établies à l’étranger.
« Notre diaspora a sa place parmi nous. Elle est bien plus qu’un moyen au service d’une fin », a-t-elle soutenu, estimant que les Afro-descendants devaient être considérés comme des partenaires à part entière de la construction de l’avenir africain.
Intervenant à son tour, la ministre ghanéenne du Tourisme, de la Culture et des Arts créatifs, Abla Dzifa Gomashie, a appelé à faire des industries culturelles et créatives des moteurs d’intégration économique et de création de richesse.
Elle a déploré que la culture africaine soit souvent célébrée pour son potentiel artistique et son pouvoir d’influence, sans que les créateurs bénéficient suffisamment des retombées financières générées par leurs œuvres.
« La musique, le cinéma, la mode, le théâtre et les arts du spectacle, le folklore, l’artisanat et les contenus numériques africains ne peuvent pas rester de simples exportations culturelles relevant du soft power : ils doivent devenir des moteurs stratégiques d’intégration économique et de création de richesse à travers le continent », a-t-elle déclaré.
La ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la protection de la propriété intellectuelle et les mécanismes de droits d’auteur, afin que les revenus issus de la diffusion internationale des œuvres africaines bénéficient davantage à leurs créateurs et à leurs communautés.
Elle a également annoncé l’organisation à Accra, du 9 au 12 décembre prochains, du premier Festival africain des arts, de la culture et de la créativité (FESTA 2026), en collaboration avec l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).
Cette initiative vise notamment à promouvoir les investissements, l’entrepreneuriat et l’innovation dans les industries créatives, tout en contribuant à la création d’emplois pour les jeunes et les femmes. Elle doit également réunir des décideurs politiques, des investisseurs, des États membres de l’Union africaine et des représentants de la diaspora.
« Il ne suffit pas de créer. Consommez ce que produit la jeunesse africaine », a lancé Abla Dzifa Gomashie, appelant les consommateurs à soutenir les productions locales et à contribuer à la création de chaînes de valeur profitant aux créateurs et aux producteurs.
Fondée en 2024 par Ogiame Atuwatse III, 21e Olu de Warri, et Olori Atuwatse III, Elevate Africa organise chaque année une rencontre panafricaine destinée à promouvoir le leadership, la gouvernance, le commerce, l’investissement, la culture et le patrimoine.
La deuxième journée de l’édition 2026 fait suite aux échanges de mercredi sur le leadership et la gouvernance et entend mettre en avant le rôle de l’économie créative, de la jeunesse et de la diaspora dans la transformation du continent.
AC/Sf/APA





