Le Sénégal mise sur l’éducation financière et la microfinance pour renforcer l’épargne des ménages, réduire leur vulnérabilité économique et mobiliser des ressources au service du développement.
Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a souligné dimanche à Dakar le rôle de l’épargne dans la lutte contre la pauvreté et le financement de l’économie, lors d’une randonnée pédestre organisée en prélude à la Journée mondiale de l’épargne, célébrée le 31 octobre.
« On ne peut pas promouvoir le développement s’il n’y a pas d’épargne », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer l’éducation financière des populations pour les aider à mieux gérer leurs revenus, anticiper les dépenses imprévues et préparer leurs investissements.
Placée sous le thème « Épargner aujourd’hui, sécuriser demain : l’épargne au cœur de l’inclusion financière et de la résilience économique », l’édition 2026 entend promouvoir une culture de l’épargne auprès du grand public, particulièrement des jeunes, des femmes et des populations peu ou pas bancarisées.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la constitution d’une réserve financière individuelle. Il s’agit également de mobiliser les ressources internes susceptibles de soutenir les activités productives, dans un contexte où l’accès au financement demeure un défi pour de nombreux ménages et entrepreneurs.
La microfinance au cœur de la stratégie
Le ministère entend s’appuyer sur les institutions de microfinance et les dispositifs d’éducation financière pour améliorer les pratiques de gestion et faciliter l’accès aux services financiers.
Le Fonds d’impulsion de la microfinance (FIMF) mène notamment des formations au profit d’acteurs économiques organisés en coopératives, tandis que le Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI) développe des activités de sensibilisation et de formation à la finance islamique.
Alioune Dione estime que les difficultés de nombreuses organisations de l’économie sociale et solidaire ne tiennent pas seulement à l’insuffisance des financements disponibles, mais également à un déficit de connaissances en matière de gestion financière.
Cette approche vise à faire de l’épargne un outil de prévoyance, mais aussi un moyen de consolider les capacités d’investissement des petites entreprises et des organisations communautaires.
Valoriser les mécanismes communautaires
Au Sénégal, les tontines et les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) témoignent de l’ancrage ancien de l’épargne dans les pratiques de solidarité. Ces mécanismes permettent aux membres de groupes communautaires de constituer des ressources collectives et de financer certains besoins sans nécessairement recourir aux circuits financiers classiques.
Le défi consiste désormais à mieux structurer ces dispositifs et à renforcer leur contribution à l’inclusion financière, tout en préservant leur proximité avec les populations.
Dans cette perspective, le ministre a évoqué un mécanisme de mutualisation des fonds au sein des coopératives productives solidaires. Celui-ci doit permettre de faire face aux difficultés financières et de mobiliser des ressources pour la réalisation de projets.
La démarche s’inscrit dans les orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal Vision 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029, qui identifient le financement domestique, la microfinance et les financements innovants comme des leviers de transformation économique.
Des ambitions à concrétiser
L’édition 2026 de la Journée mondiale de l’épargne prévoit des campagnes de sensibilisation, des journées portes ouvertes dans les institutions financières, des activités communautaires et la promotion de nouveaux comptes d’épargne.
Des visites auprès des institutions de microfinance et des activités dans les régions sont programmées du 27 au 30 octobre. La cérémonie officielle, prévue le 31 octobre à Dakar, sera suivie d’un panel de haut niveau consacré à la mobilisation de l’épargne.
Les échanges doivent aboutir à une « Déclaration de Dakar sur l’Épargne 2026 », dont les recommandations seront traduites en feuille de route et feront l’objet d’un suivi.
Pour le Sénégal, la réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à transformer la sensibilisation en pratiques durables, à proposer des services financiers accessibles et à orienter davantage les ressources mobilisées vers l’investissement productif. L’objectif est de faire de l’épargne un instrument à la fois de protection des ménages et de financement du développement.
TE/APA




