L’ouverture de la 3e édition d’Abidjan Border Forum (ABF 2026) a eu lieu, ce mardi 20 octobre 2026, au Parc des expositions d’Abidjan, en présence du président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf.
Organisé conjointement par la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNF-CI) et la Commission de l’Union africaine (UA), l’Abidjan Border Forum (ABF 2026), ce rendez-vous panafricain majeur, réunit les acteurs frontaliers du continent jusqu’au 22 octobre pour repenser la gestion des espaces frontaliers.
Placée sous le thème « Les peuples aux frontières, culture, intégration et sécurité », cette édition biennale met les populations au cœur des débats afin de transformer les zones frontalières en véritables leviers de développement économique et de cohésion sociale.
Pendant trois jours, Abidjan Border Forum 2026 sera rythmé par de nombreux panels et tables rondes thématiques. Pour clore cet événement sur une note festive et fraternelle, la star ivoirienne du reggae animera un grand concert live le jeudi 22 octobre 2026 au Parc des expositions.
Un engagement continental pour l’Agenda 2063
Lors de la conférence inaugurale, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a tenu à saluer le leadership du président ivoirien Alassane Ouattara, champion de l’Agenda 2063, pour son implication constante en faveur de la cause continentale.
Le président de la Commission de l’UA a rappelé le choix historique du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, consacré dès 1964 au Caire. Toutefois, il a insisté sur le fait que la souveraineté reste pleinement compatible avec l’intégration culturelle et le commerce frontalier.
En s’appuyant sur l’exemple de sa propre communauté d’origine dans la Corne de l’Afrique, il a exhorté le continent à moderniser ses corridors et ses procédures : « Le commerce interafricain passe par la modernisation de l’espace frontalier et la gestion coordonnée des frontières », a-t-il affirmé.
En ouvrant officiellement les travaux de ces assises, au nom du chef de l’État ivoirien, le Premier ministre Robert Mambé a rappelé que cette initiative s’inscrit en droite ligne des résolutions de l’Union africaine prises en 2023 à Addis-Abeba.
Pour le chef du gouvernement ivoirien, les frontières doivent avant tout être appréhendées comme des lieux de vie et de solidarité. « Nos frontières doivent devenir des espaces de sécurité, d’échanges économiques, de cohésion sociale et de développement partagé », a-t-il déclaré.
Face aux défis sécuritaires, une coopération accrue
De son côté, Diakalidia Konaté, commissaire général du forum et secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNF-CI), a souligné l’importance de faire progresser le dialogue et le partage d’expériences vers des réponses concrètes.
« Une frontière se trace sur une carte, mais elle se vit chaque jour dans les échanges », a-t-il fait observer, rappelant l’enjeu crucial d’assurer la sécurité nationale tout en préservant le quotidien des populations locales.
Malgré les opportunités économiques, les espaces frontaliers demeurent vulnérables. Ce forum met en lumière la nécessité d’une coopération renforcée entre États voisins pour endiguer la propagation du terrorisme, des trafics illicites et de la criminalité organisée.
Cette vision d’une gouvernance intégrée a été partagée par Matthias Veltin, ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne en Côte d’Ivoire. Ce dernier a affirmé que les frontières ne devaient pas être des lignes de séparation, mais des espaces propices à l’édification d’une Afrique unie et pacifique.
AP/Sf/APA





