La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a élaboré un projet d’accord-cadre couvrant 18 domaines prioritaires, répartis en cinq pôles, pour définir ses futures relations avec la Confédération des États du Sahel (AES). Le document servira de base aux premières négociations formelles entre les deux organisations, ouvertes ce samedi à Dakar.
Le projet vise à fixer les modalités de coopération entre l’organisation ouest-africaine et le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont officiellement quitté la Cédéao le 29 janvier 2025.
Les domaines identifiés concernent notamment la libre circulation des personnes et des biens, le commerce, la sécurité et la coopération transfrontalière. La liste complète des 18 domaines n’a toutefois pas encore été rendue publique.
Le président de la Commission de la Cédéao, le général Birame Diop, a indiqué que les États membres avaient préparé ce document en amont afin de disposer d’une base commune pour les discussions avec l’AES. Il a invité les ministres des Affaires étrangères à définir un mandat politique clair à l’intention des équipes chargées de conduire les négociations.
Des positions définies en amont
Les consultations internes de la Cédéao se sont tenues vendredi 16 octobre à Dakar, à la veille du lancement officiel des discussions avec les représentants de l’AES.
De son côté, la Confédération des États du Sahel a élaboré une position commune. Réunis le même jour à Ouagadougou, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur volonté de négocier en tant qu’entité confédérale.
Leurs priorités portent notamment sur le respect de la souveraineté des trois États, la reconnaissance institutionnelle de l’AES et la préservation des acquis de l’intégration régionale.
Les deux parties ont ainsi préparé séparément leurs positions avant les rencontres prévues les 17 et 18 octobre à Dakar.
Préserver les acquis de l’intégration régionale
La Cédéao entend privilégier un cadre collectif de négociation. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a appelé les États membres à éviter des arrangements bilatéraux susceptibles de fragiliser la position communautaire.
Il a également souligné l’importance de préserver les acquis de l’intégration régionale, notamment en matière de libre circulation, d’échanges économiques et de coopération entre les États.
L’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté conduit les négociations pour le compte de la Cédéao. Son mandat porte notamment sur le maintien d’un mécanisme permanent de consultation avec l’AES, la préservation de certains acquis de l’intégration régionale et le renforcement de la coopération dans le domaine sécuritaire.
Les discussions de Dakar doivent ainsi permettre aux deux organisations d’examiner les modalités de leurs relations futures, dans un contexte marqué par le retrait des trois pays sahéliens de la Cédéao et leur volonté de renforcer leur coopération au sein de l’AES.
MD/te/APA





