L’Algérie et l’Afrique du Sud ont annoncé le 14 octobre à Alger un rapprochement stratégique dans le secteur minier, présenté par les deux gouvernements comme une étape vers une exploitation plus intégrée et mieux valorisée des ressources.
Lors de la séance de travail entre le ministre algérien de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mourad Hanifi, et le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, les deux délégations ont passé en revue les domaines dans lesquels l’Afrique du Sud dispose d’un avantage technologique — gestion des ressources, géologie, transformation — et ceux où l’Algérie cherche à accélérer l’exploitation de ses gisements stratégiques.
Le communiqué final fait état d’un « accord de principe » pour structurer la coopération autour de la formation des cadres algériens, du transfert de compétences en géophysique et télédétection, et de projets conjoints de raffinage et de traitement du phosphate, du fer, du cuivre, du lithium ou du tungstène. Aucun montant, aucun échéancier et aucun mécanisme de suivi n’ont été rendus publics.
Côté algérien, le rapprochement avec Pretoria est présenté comme un levier de la feuille de route minière voulue par le président Abdelmadjid Tebboune, qui fait du secteur un pilier de la diversification économique. Mais les experts rappellent que les annonces de partenariats miniers se sont multipliées ces dernières années sans se traduire par des avancées industrielles à la hauteur des ambitions affichées.
« L’Algérie répète le même schéma : elle annonce des partenariats stratégiques, puis les projets s’enlisent faute de cadre juridique stable, de financement et d’expertise locale », estime un consultant spécialisé dans les industries extractives, qui requiert l’anonymat. Le pays reste largement dépendant des hydrocarbures et n’a pas encore démontré sa capacité à faire émerger une filière minière intégrée, malgré des gisements de fer, de phosphate et de terres rares régulièrement mis en avant.
La dépendance technologique à des partenaires étrangers — ici l’Afrique du Sud — illustre, selon plusieurs analystes, la faiblesse structurelle du tissu industriel algérien. Le recours à des institutions sud-africaines pour la formation des cadres et à des campagnes conjointes d’exploration souligne que l’Algérie ne dispose toujours pas des capacités internes nécessaires pour valoriser seule ses ressources.
Pour l’Afrique du Sud, ce rapprochement intervient dans un contexte délicat. Le pays, premier producteur mondial de platine et acteur historique du secteur minier africain, peine à enrayer le déclin de sa production, à moderniser ses infrastructures énergétiques et à stabiliser un cadre réglementaire qui inquiète les investisseurs. Les conflits sociaux dans les mines et les coupures d’électricité récurrentes ont durablement affecté la compétitivité du secteur.
MK/AK/APA




