L’Égypte a condamné les attaques visant l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, et un appareil de la compagnie aérienne saoudienne, qui ont fait trois morts et plusieurs blessés, alors que la reprise des combats au Yémen ravive les tensions autour du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Dans un communiqué publié samedi 10 octobre, le ministère égyptien des Affaires étrangères a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les attaques contre le Royaume d’Arabie saoudite. Le Caire a présenté ses condoléances aux autorités et au peuple saoudiens, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Il a également qualifié ces opérations de « violation flagrante du droit international », appelant à la protection des infrastructures civiles et des moyens de transport aérien.
Selon les autorités saoudiennes de l’aviation civile, les frappes survenues jeudi ont fait trois morts parmi les citoyens saoudiens et plusieurs blessés civils de différentes nationalités. Les Houthis ont revendiqué des tirs de missiles balistiques et de croisière contre l’aéroport international de Riyad, celui de Najran et une base aérienne dans la province de Khamis Mushait. Ces attaques prolongent une série de frappes ayant également visé les aéroports d’Abha et du roi Khaled. Les autorités saoudiennes ont fait état de trois autres décès lors de précédentes attaques, parmi des résidents marocains, algériens et soudanais, ainsi que de 36 blessés.
Cette escalade intervient alors que l’Arabie saoudite intensifie son soutien aux forces gouvernementales yéménites dans leur offensive contre les positions houthies. La coalition dirigée par Riyad a annoncé le lancement d’opérations militaires de grande ampleur. Son porte-parole, Turki al-Maliki, a affirmé que 136 cibles militaires avaient été détruites et que les frappes visaient notamment à démanteler les capacités balistiques des combattants houthis. Les bilans et les objectifs revendiqués par les différentes parties restent toutefois à distinguer des éléments indépendamment vérifiés.
Sur le terrain, les forces gouvernementales yéménites ont annoncé, samedi, avoir repris plusieurs positions dans les secteurs de Bab el-Mandeb et de Dhubab, dans le gouvernorat de Taëz. Elles affirment également avoir repoussé une attaque houthie au nord de l’aéroport de Dhubab. Ces opérations s’inscrivent dans une reprise des hostilités amorcée en juillet 2026, après plusieurs années d’accalmie relative consécutive à la trêve d’avril 2022. Les combats auraient fait plus de 400 morts depuis le lancement, lundi, de l’opération gouvernementale « Aube du Yémen », selon les informations rapportées.
Au-delà de l’affrontement militaire, le contrôle de Bab el-Mandeb constitue un enjeu majeur pour la sécurité maritime et les équilibres énergétiques régionaux. Situé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, ce passage commande une partie des échanges entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez. Toute perturbation durable pourrait renchérir les coûts de transport, fragiliser les chaînes d’approvisionnement et compliquer les exportations d’hydrocarbures transitant par la région. La condamnation égyptienne prend ainsi une dimension stratégique : pour Le Caire, la protection des infrastructures civiles saoudiennes se double d’un impératif de sécurisation d’un corridor maritime essentiel à ses intérêts commerciaux et à ceux de l’économie mondiale.
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