La Côte d’Ivoire prendra part, du 11 au 16 octobre 2026, au Forum de mobilisation des ressources organisé au siège de la FAO à Rome, dans le cadre de l’Initiative Main dans la Main. Le pays n’y va pas pour exposer un potentiel théorique, mais pour défendre des opportunités d’investissement concrètes, structurées et prêtes à être financées.
Conduite par Me Adama Kamara, la délégation ivoirienne au Forum de mobilisation des ressources, à Rome, est composée de 15 membres issus notamment du ministère de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, du ministère du Plan et du développement et du ministère de l’Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle.
Ce forum se veut une plateforme stratégique de rencontres avec des investisseurs internationaux et de présentation des atouts qu’offre la Côte d’Ivoire dans le secteur agricole et agroalimentaire. L’ambition affichée est de mobiliser d’importantes ressources afin d’accélérer la transformation agricole du pays.
L’objectif est clair : présenter à des institutions financières, banques de développement et investisseurs privés un portefeuille de projets agro-industriels structurants, capables d’accélérer la transformation durable des systèmes agroalimentaires.
En prélude à ce rendez-vous, le représentant résident de la FAO en Côte d’Ivoire, Joseph Nyemah, a échangé avec la presse ce vendredi 9 octobre 2026 à Abidjan. Il a expliqué qu’à travers l’Initiative Main dans la Main, la FAO accompagne le gouvernement ivoirien afin de connecter des projets à fort impact aux investisseurs capables d’accélérer la transformation durable du secteur agricole.

Joseph Nyemah a lancé un appel aux firmes internationales à investir en Côte d’Ivoire. Il a relevé que le pays dispose d’un potentiel agricole exceptionnel avec environ 17 millions d’hectares de terres agricoles, une population de plus de 30 millions d’habitants et une croissance économique soutenue comprise entre 6,5 % et 7 %.
Le pays jouit en outre d’une position stratégique en Afrique de l’Ouest et constitue un accès privilégié aux marchés de la CEDEAO, de l’UEMOA et de la ZLECAf, avec des plateformes logistiques majeures que sont les ports d’Abidjan et de San-Pedro.
Le représentant de la FAO a également souligné l’existence d’un environnement favorable aux investissements, avec des incitations fiscales pouvant aller de 5 à 15 ans selon les projets et les zones, ainsi qu’une politique économique libérale.
Il a évoqué un accompagnement dédié à travers le CEPICI, le Guichet unique de l’investissement, de même qu’une stabilité institutionnelle et un engagement fort de l’État en faveur de l’industrialisation agricole et de la sécurité foncière.
« Le rôle de la FAO est de faciliter les transactions entre les investisseurs et le gouvernement afin d’élaborer leur plan d’investissement », a-t-il affirmé, révélant qu’environ 30 investisseurs frappent déjà à la porte de la FAO pour échanger avec le gouvernement ivoirien.
« Je crois qu’on va déclencher beaucoup d’investissements », a-t-il confié. À Rome, la Côte d’Ivoire présentera un portefeuille d’investissements pour accélérer la transformation durable de ses systèmes agroalimentaires, articulés autour de trois pôles agro-industriels intégrés.
Ces investissements ne concernent pas uniquement la production agricole. Ils visent surtout à développer des écosystèmes complets intégrant transformation, logistique, commercialisation et création d’emplois pour les jeunes et les femmes.
La FAO, à travers son Initiative Main dans la Main, apporte notamment une expertise technique, analytique et géospatiale permettant d’identifier les territoires et les chaînes de valeur offrant le plus fort potentiel de retour économique, social et environnemental.
L’Initiative contribue ainsi à améliorer la qualité des projets, à renforcer leur attractivité auprès des bailleurs et investisseurs et à maximiser leur impact sur les populations rurales. Les projets présentés à Rome s’inscrivent dans les priorités du Plan national de développement (PND 2026-2030).
Doté d’un budget global de 114 832,5 milliards FCFA, le PND fait de l’agriculture un moteur essentiel de la souveraineté alimentaire, de l’industrialisation, de la création d’emplois et du développement inclusif des territoires. La part consacrée au secteur privé est de 70,2%.
AP/Sf/APA





