Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Menfi, a convoqué les principales figures institutionnelles du pays à Tripoli le 18 octobre, dans une nouvelle tentative de rapprocher des pouvoirs rivaux dont les divergences continuent de fragiliser la transition politique.
Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Menfi, a invité Aguila Saleh, président de la Chambre des représentants, Mohammed Takala, chef du Haut Conseil d’État, ainsi qu’Abdul Hamid Dbeibah, Premier ministre du Gouvernement d’unité nationale (GUN), à participer à la deuxième réunion du Haut Conseil des présidences, prévue le dimanche 18 octobre à Tripoli. L’invitation concerne également les membres du Conseil présidentiel Abdullah Al-Lafi et Moussa Al-Koni. L’initiative intervient dans un contexte de rivalités institutionnelles persistantes et de difficultés à établir un cadre politique consensuel.
Selon Menfi, cette réunion s’inscrit dans le prolongement de la Déclaration de Tripoli du 20 novembre 2025, qui avait annoncé la création de ce mécanisme de coordination. Celui-ci est présenté comme un cadre destiné à harmoniser les décisions souveraines relatives aux prochaines étapes politiques, sans empiéter sur les prérogatives constitutionnelles des institutions existantes ni entraîner de dépenses administratives supplémentaires. Cette ambition soulève néanmoins une question centrale : la multiplication des structures de concertation peut-elle produire des résultats concrets lorsque les institutions concurrentes peinent déjà à s’accorder sur les règles du pouvoir ?
Le dirigeant du Conseil présidentiel a appelé les responsables invités à dépasser leurs différends pour répondre collectivement aux défis économiques et sécuritaires. Il a également dénoncé les tentatives d’ingérence étrangère, un sujet récurrent dans le discours politique libyen.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les rivalités entre les forces politiques, les autorités territoriales et les groupes armés ont compliqué la reconstruction d’un État unifié. Les influences extérieures ont également contribué à internationaliser les rapports de force, rendant les compromis nationaux plus difficiles à consolider.
L’initiative intervient en outre après une annonce concernant la direction de la Chambre des représentants. Selon les informations rapportées, le député de Tobrouk, Al-Saleheen Abdulnabi Al-Obeidi, aurait été élu président du Parlement en remplacement d’Aguila Saleh.
Cette évolution, dont les implications institutionnelles restent à préciser, pourrait modifier les équilibres au sein du camp parlementaire et peser sur les discussions à venir. La participation effective des responsables convoqués le 18 octobre constituera donc un premier indicateur de la capacité des institutions à dépasser leurs divergences.
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