Plus de 20 000 mouvements de migrants en provenance d’Ethiopie ont été recensés à Djibouti depuis le 10 septembre, alors que des milliers de personnes fuient parallèlement le Yémen par la mer Rouge, plaçant le petit pays de la Corne de l’Afrique au cœur de deux flux migratoires opposés.
Depuis la mi-septembre, plus de 3 700 personnes ayant fui les violences au Yémen sont arrivées sur les côtes djiboutiennes, principalement dans la région d’Obock, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Dans le même temps, des migrants, principalement éthiopiens, continuent de traverser Djibouti en direction du Yémen, dans l’espoir de rejoindre ensuite l’Arabie saoudite ou d’autres pays du Golfe.
« Djibouti est confronté à des mouvements dans les deux directions », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM dans le pays, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève.
L’organisation a également recensé 539 Ethiopiens revenus du Yémen durant la même période. Entre le 20 et le 30 septembre, plus de 3 000 migrants bloqués ont été repérés le long des routes migratoires djiboutiennes.
Ces migrants sont particulièrement exposés à la déshydratation, à l’épuisement et au manque d’eau et de nourriture lorsqu’ils restent bloqués dans les zones désertiques.
La situation est d’autant plus préoccupante que le conflit au Yémen connaît une nouvelle escalade après plusieurs années d’accalmie relative. La dernière flambée de violences a entraîné le déplacement d’environ 174 000 personnes à l’intérieur du pays, selon les Nations Unies.
Malgré ces risques, la route migratoire reliant la Corne de l’Afrique au Yémen reste très fréquentée. L’OIM avait recensé 152 700 mouvements au premier trimestre 2026, soit une hausse de 8 % sur un an.
Les difficultés économiques, l’insécurité alimentaire, l’endettement et le manque de perspectives continuent d’alimenter ces départs, malgré les dangers associés à la traversée de la mer Rouge et au passage par le Yémen.
En 2025, 922 migrants sont morts ou portés disparus sur cette route, près du double du bilan de 2024 et le niveau le plus élevé enregistré par l’OIM depuis le début de son suivi en 2014.
Au premier trimestre 2026, 94 morts ou disparitions avaient déjà été signalés, dont 61 à Djibouti.
L’OIM fournit de l’eau, de la nourriture et une assistance médicale et de protection aux migrants qu’elle parvient à atteindre, tout en proposant un accompagnement au retour volontaire dans ses centres de transit.
L’arrivée de réfugiés en provenance du Yémen exerce toutefois une pression supplémentaire sur les capacités d’accueil du pays, notamment à Obock, où les infrastructures et les communautés locales sont fortement sollicitées.
Dans ce contexte, Djibouti se retrouve au centre d’une situation migratoire singulière : certains empruntent la mer Rouge pour fuir la guerre, tandis que d’autres continuent de la traverser dans l’espoir d’atteindre une vie meilleure dans le Golfe.
TE/Sf/APA





