L’agence Bloomfield Investment Corporation a engagé une nouvelle évaluation du profil économique et financier du Mali. Bamako défend ses réformes et affiche un objectif de croissance de 10 % à l’horizon 2033.
Le Mali a engagé la réévaluation de sa notation financière par Bloomfield Investment Corporation, agence agréée sur le marché régional de l’Union monétaire ouest-africaine, ont annoncé mardi les services du Premier ministre.
Une délégation conduite par le directeur de mission de Bloomfield, Blanchard Tra Bi, a été reçue à Bamako par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.
La mission doit actualiser l’évaluation de la situation économique, des finances publiques et du climat des affaires. Ses conclusions sont destinées aux investisseurs, aux établissements financiers et aux acteurs intervenant dans les émissions de titres publics.
Lors de sa précédente revue, rendue publique en décembre 2025, Bloomfield avait maintenu la note du Mali à BBB pour les engagements à long terme et à A3 pour le court terme, avec une perspective stable. Sur l’échelle régionale de l’agence, la note BBB appartient à la catégorie des notes d’investissement, mais traduit une sensibilité aux changements de l’environnement économique.
Blanchard Tra Bi a évoqué à Bamako des « perspectives stables » malgré les contraintes sécuritaires et environnementales. Le rapport définitif et la nouvelle décision de notation restent toutefois attendus.
Indicateurs
Le gouvernement malien table sur une croissance réelle de 6,3 % en 2026 et vise 10 % à l’horizon 2033. Les projections des institutions internationales sont plus modérées : le Fonds monétaire international prévoit une progression de 5,5 % en 2026, tandis que la Banque mondiale table sur 5 %.
La Banque mondiale estimait la dette publique à 42,3 % du produit intérieur brut en 2025. Elle prévoit un repli autour de 41,1 % sur la période 2026-2027 et classe le Mali parmi les pays exposés à un risque modéré de surendettement.
Le projet de budget 2027 prévoit 3 866,635 milliards de francs CFA de recettes et 4 462,646 milliards de dépenses. Le déficit atteindrait 596,011 milliards de francs CFA, contre 620,425 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026, soit une diminution annoncée de 3,93 %.
Abdoulaye Maïga a présenté la réforme du Code minier, le contenu local, la diversification des partenaires économiques et la mobilisation de la diaspora parmi les leviers retenus pour soutenir l’investissement. Le gouvernement souhaite notamment orienter davantage les capitaux de la diaspora vers des projets productifs et structurants.
L’évaluation devra également tenir compte des risques qui pèsent sur l’activité : insécurité, coût de l’énergie, perturbations des corridors commerciaux, recul de la production aurifère et accès au financement. La Banque mondiale estime toutefois que la reprise minière, le lithium, l’agriculture et les télécommunications pourraient soutenir la croissance.
La publication de la note actualisée permettra de mesurer l’appréciation portée par Bloomfield sur ces évolutions. Les déclarations faites lors de l’audience constituent des éléments préliminaires et ne préjugent pas de la décision finale de notation.
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