Face au déficit mondial de personnel soignant, la Côte d’Ivoire explore de nouvelles alternatives. Ce mercredi 23 septembre 2026, la ville d’Abidjan a abrité un atelier stratégique consacré à la promotion de l’autosoin.
Co-organisé par l’Agence pour le développement du marketing social (ADEMAS) et l’Agence ivoirienne de marketing social (AIMAS), l’atelier de promotion de l’autosoin, tenu à Abidjan, a marqué le point de départ de l’installation d’un Hub francophone ouest-africain visant à intégrer cette approche dans les politiques publiques de santé.
Le constat global est alarmant : le système de santé mondial s’apprête à faire face à un déficit de 18 millions d’agents de santé d’ici à 2030. Plus grave encore, 400 millions de personnes n’ont pas accès aux soins essentiels et 100 millions basculent dans la pauvreté chaque année à cause de leurs dépenses médicales directes.
C’est pour répondre à cette urgence que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) encourage activement l’autosoin, en particulier dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. L’autosoin se définit comme la capacité des individus à promouvoir leur propre santé et à prévenir les maladies, avec ou sans l’appui d’un soignant.
Selon Serigne Cheikh Guey, responsable du suivi-évaluation de l’Agence pour le développement du marketing social (ADEMAS), cette approche repose sur trois piliers fondamentaux : l’auto-prise en charge, l’auto-dépistage et la prise de conscience de soi.
Pour structurer cette démarche, la coalition mondiale Self-Care Trailblazer Group (SCTG) œuvre à son institutionnalisation. Si ce réseau compte plus de 1 400 membres à travers le monde, la communauté francophone n’y représente pour l’instant que 13 %.
C’est pour corriger cette sous-représentation que le SCTG installe en Afrique de l’Ouest un Hub francophone, directement hébergé par l’ADEMAS. Le directeur exécutif de l’agence, Cheikh Saad Bou Sarr, a souligné que l’atelier d’Abidjan avait pour but crucial de présenter les opportunités de partenariat de ce Hub aux autorités ivoiriennes et d’établir une feuille de route claire pour le développement de l’autosoin à l’échelle nationale.
De son côté, Lazare Goussou Koudou, directeur exécutif de l’Agence ivoirienne de marketing social (AIMAS), a insisté sur les bénéfices directs de cette pratique en Côte d’Ivoire, au cours de cet atelier sur l’autosoin.
En permettant aux populations d’acquérir une autonomie sur des gestes de base bien accompagnés, l’autosoin réduit les dépenses de santé des ménages et désengorge efficacement les structures sanitaires saturées. « La santé ne doit plus être l’exclusivité des seuls spécialistes », a-t-il affirmé.
Bien que de nombreux actes d’autosoin soient déjà ancrés dans le quotidien des Ivoiriens, les organisateurs ont conclu sur la nécessité de concevoir rapidement un cadre réglementaire précis afin de sécuriser, soutenir et pérenniser ces pratiques en Côte d’Ivoire.
AP/Sf/APA





