Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a appelé les pays en développement à s’affranchir de leur dépendance systémique à l’égard de l’aide étrangère.
Le président John Mahama s’est exprimé en direction des dirigeants mondiaux, lors d’une réunion de haut niveau consacrée à l’initiative « Accra Reset », à l’occasion de laquelle il a présenté un rapport visant à refondre la gouvernance mondiale de la santé et à favoriser l’autonomie des pays du Sud.
Lors de cet événement organisé en marge des travaux à New York, il a souligné que le rapport élaboré par le groupe d’experts de l’« Accra Reset », intitulé « Un avenir souverain pour la santé » (A Sovereign Future for Health), constitue une étape clé du programme plus large de cette initiative.
S’adressant à un parterre de dirigeants mondiaux, le président Mahama a déclaré que, si les nations africaines ont conquis leur indépendance politique il y a plusieurs décennies, les inégalités structurelles mondiales continuent de compromettre leur souveraineté.
« Nous avons obtenu l’indépendance politique ; nous avons hissé nos drapeaux nationaux et chanté nos hymnes. Pourtant, les leviers du commerce mondial, de la finance et de la gouvernance sanitaire sont restés fermement ancrés ailleurs », a affirmé M. Mahama.
Le rapport, diffusé par le groupe APO au nom de la présidence de la République du Ghana, présente une feuille de route allant de la conception des politiques à leur mise en œuvre immédiate. Il préconise le renforcement des capacités industrielles nationales, le développement de la production pharmaceutique locale et la mise en place de mécanismes d’achat garantis par l’État afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en médicaments à travers l’Afrique et l’Asie.
Il a fait remarquer que les initiatives nationales du Ghana — axées sur la création de valeur locale, les investissements dans la santé et une économie active 24 heures sur 24 — reflètent les objectifs fondamentaux de l’initiative « Accra Reset ».
M. Mahama a toutefois réitéré que cette initiative ne visait pas à isoler les pays du Sud de leurs partenaires internationaux, mais constituait un appel à une « interdépendance pragmatique » fondée sur l’égalité.
« Des partenaires du Sud plus forts et autonomes ne constituent pas une menace pour le Nord », a déclaré M. Mahama. Ajoutant : « Au contraire, des systèmes de santé résilients en Afrique et en Asie rendent le monde entier plus sûr pour nous tous. »
Rejetant les modèles d’aide traditionnels qui offrent peu de contrôle aux acteurs locaux, le président Mahama a énoncé une nouvelle doctrine pour le développement futur : « Pas d’appropriation sans contrôle, et pas de contrôle sans une responsabilité absolue ».
Se projetant dans l’avenir, le dirigeant ghanéen a déclaré que le Ghana placerait le programme de transformation « Accra Reset » au cœur de la politique continentale lorsqu’il assumera la présidence de l’Union africaine (UA) en 2027.
Le lancement a rassemblé des personnalités internationales de premier plan, notamment l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, la Première ministre de la Barbade Mia Mottley, la vice-secrétaire générale de l’ONU Amina Mohammed, le président kényan William Ruto et le milliardaire Aliko Dangote, entre autres.
Saluant cette initiative, Gordon Brown a souligné le rôle moteur joué par les présidents Mahama et Obasanjo dans le programme « Accra Reset », se disant convaincu que ce rapport catalyserait des améliorations attendues de longue date en matière de santé sur l’ensemble du continent africain.
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