Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lo, a appelé jeudi les acteurs du secteur privé national à jouer un rôle central dans la transformation structurelle de l’économie, à l’occasion d’une rencontre à Dakar avec les organisations patronales et professionnelles, en présence de plusieurs membres du gouvernement.
« La transformation structurelle de l’économie sénégalaise ne se fera pas par la seule volonté de l’État », a déclaré le chef du gouvernement, soulignant que la réalisation des ambitions économiques du pays dépendra également de l’engagement des entreprises nationales.
Selon M. Lo, le secteur privé doit être placé au cœur de la création de richesses et d’emplois, tandis que l’État doit renforcer son rôle de stratège, de régulateur et de facilitateur de l’activité économique.
La rencontre intervient quelques jours après la Déclaration de politique générale du Premier ministre, au cours de laquelle plusieurs orientations ont été annoncées en matière d’investissement, d’industrialisation, d’emploi et d’amélioration du pouvoir d’achat.
Le chef du gouvernement a notamment réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre l’apurement de sa dette intérieure. « L’apurement de la dette intérieure sera conduit à son terme », a-t-il assuré, en réponse à l’une des principales préoccupations exprimées par les entreprises.
Le règlement des créances dues aux opérateurs économiques est présenté par le gouvernement comme un élément essentiel pour restaurer la confiance entre l’État et le secteur privé et soutenir la trésorerie des entreprises.
Sur le climat des affaires, le Premier ministre a annoncé la finalisation, avant la fin de l’année, des textes d’application du Code des investissements de 2025 ainsi que du nouveau cadre relatif aux partenariats public-privé (PPP).
Ces réformes doivent contribuer, selon le gouvernement, à renforcer la sécurité juridique des investisseurs, à améliorer la prévisibilité de l’environnement des affaires et à faciliter la mobilisation des capitaux privés.
Le secteur privé sera également associé à la préparation de plusieurs réformes économiques. Le Code général des impôts et le Code général des douanes doivent ainsi être soumis aux observations des organisations professionnelles, tandis que le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique doit être finalisé.
Le gouvernement entend parallèlement accélérer l’industrialisation du pays et renforcer le contenu local dans les investissements et les grands projets. L’objectif est notamment d’accroître la participation des entreprises sénégalaises aux marchés publics et aux chaînes de valeur liées aux ressources nationales.
Cette orientation vise également les marchés régionaux. Les entreprises sénégalaises sont appelées à renforcer leur présence dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Lors de sa Déclaration de politique générale, Ahmadou Al Aminou Lo avait fixé l’objectif de créer 1,5 million d’emplois à l’horizon 2029. Pour atteindre cette cible, le gouvernement mise notamment sur l’agriculture, la transformation agroalimentaire, l’industrie, la pêche, les énergies renouvelables, le logement et les industries culturelles et créatives.
Le Premier ministre souhaite également renforcer l’activité économique dans les territoires ruraux. Il préconise une organisation de la production permettant de passer d’activités saisonnières à une activité économique plus régulière sur l’ensemble de l’année.
La maîtrise du coût de la vie constitue un autre axe de l’action gouvernementale. Des contrats-programmes entre l’État et le secteur privé doivent être développés dans plusieurs filières considérées comme stratégiques, notamment les céréales, le pain, la viande, le poisson, les huiles, le sucre, les légumes et le lait.
Ces mécanismes doivent permettre d’identifier les contraintes pesant sur les différentes filières et de rechercher des réponses durables aux difficultés liées à l’approvisionnement et aux prix.
Le gouvernement prévoit également de renforcer les capacités de stockage et les contrôles sur les marchés.
La rencontre de jeudi marque ainsi la volonté de l’Exécutif de renforcer le dialogue avec le secteur privé et de faire de l’investissement productif un levier majeur de la transformation économique du Sénégal.
Les discussions devraient désormais porter sur la traduction concrète de ces orientations, notamment en matière d’apurement de la dette intérieure, de financement des entreprises, d’accès à la commande publique, d’amélioration du climat des affaires et de développement du contenu local.
TE/APA





