Un juge tunisien a prolongé de quatre mois la détention provisoire de quatre militants de la flottille Sumud, portant leur incarcération à dix mois sur fond d’accusations de blanchiment d’argent contestées par leur défense.
La justice tunisienne a décidé de prolonger de quatre mois la détention provisoire de Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi, quatre militants associés à la flottille Sumud. Arrêtés en mars 2026, ils resteront incarcérés jusqu’à une durée totale de dix mois dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent et détournement de fonds issus de dons.
Leur défense conteste l’ensemble des accusations et dénonce une procédure qui s’inscrirait, selon elle, dans un contexte de durcissement des poursuites visant certains acteurs de la société civile tunisienne. Les avocats des quatre militants réclament leur remise en liberté, estimant que le maintien en détention provisoire n’est pas justifié.
La situation de Wael Naouar concentre une partie des inquiétudes. Selon les responsables de la flottille Sumud, il observe une grève de la faim depuis le 16 août et son état de santé se serait fortement dégradé. Le mouvement affirme qu’il présente un risque de complications cardiaques, sans qu’une évaluation indépendante de son état de santé n’ait été rendue publique.
L’affaire intervient alors que les opérations de la flottille Sumud en direction de Gaza avaient attiré une forte attention internationale en 2025 et 2026, lorsque plusieurs navires avaient été interceptés par Israël et que leurs passagers avaient été arrêtés puis expulsés. Les organisateurs soulignent que la détention prolongée des quatre militants en Tunisie n’a pas suscité un niveau comparable de réactions diplomatiques ou médiatiques.
Plus largement, cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités tunisiennes et une partie du tissu associatif. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont fait état ces derniers mois d’une multiplication des arrestations, enquêtes financières et poursuites visant des membres d’associations depuis 2025.
Les responsables de la flottille Sumud estiment que cette prolongation de détention soulève des interrogations sur la situation des libertés associatives en Tunisie. Les autorités tunisiennes, de leur côté, maintiennent que les poursuites relèvent d’une procédure judiciaire portant sur des infractions financières et suivent leur cours devant la justice.
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