Réunis lundi à Bamako, les Premiers ministres malien et algérien ont engagé des discussions destinées à définir les secteurs prioritaires de la coopération bilatérale. Les travaux doivent notamment préparer la prochaine visite du président de la Transition, Assimi Goïta, en Algérie.
Le Mali et l’Algérie cherchent à traduire leur récent rapprochement diplomatique en projets communs. Arrivé lundi 14 septembre à Bamako, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a entamé une séance de travail élargie aux délégations des deux pays avec son homologue malien, le général Abdoulaye Maïga.
À l’ouverture des travaux, le chef du gouvernement algérien a présenté les échanges de visites entre les deux capitales comme « une nouvelle étape » dans les relations historiques entre Alger et Bamako.
Selon Sifi Ghrieb, les consultations doivent permettre de définir les secteurs prioritaires de la coopération et d’élaborer une feuille de route commune. Celle-ci doit être soumise aux dirigeants des deux pays à l’occasion de la prochaine visite officielle d’Assimi Goïta en Algérie, dont la date reste à déterminer.
Le Premier ministre algérien a également exprimé la disponibilité de son pays à relancer les mécanismes institutionnels de coopération, notamment la Grande Commission mixte algéro-malienne, et à actualiser le cadre juridique régissant les relations bilatérales.
Porteur d’un message du président Abdelmadjid Tebboune à son homologue malien, Sifi Ghrieb doit également être reçu par le chef de l’État au cours de son séjour.
Des projets transsahariens à concrétiser
Parmi les dossiers cités figurent la route transsaharienne et la dorsale africaine de fibre optique, deux infrastructures destinées à faciliter les échanges entre l’Algérie et les pays du Sahel.
La branche routière reliant Bamako à Tamanrasset s’étend sur environ 2 500 kilomètres. Près de 400 kilomètres restent à construire sur cet axe, selon le Comité de liaison de la route transsaharienne, qui accompagne le Mali dans la recherche de financements.
Ces infrastructures pourraient offrir au Mali, pays enclavé, un accès renforcé aux ports algériens et soutenir les échanges commerciaux avec l’Afrique du Nord. Leur concrétisation dépendra toutefois des financements disponibles, de la sécurisation des itinéraires et des accords opérationnels entre les États concernés.
La dernière session connue de la Grande Commission mixte s’est tenue en novembre 2016 à Bamako. Les discussions avaient alors porté notamment sur l’énergie, les hydrocarbures, les mines, la santé, l’eau, l’emploi et le commerce. La date de sa prochaine réunion doit encore être fixée.
La visite de Sifi Ghrieb intervient trois semaines après celle effectuée à Alger par Abdoulaye Maïga, le 24 août. Elle prolonge la normalisation engagée en juillet avec le retour des ambassadeurs et la réouverture de l’espace aérien entre les deux pays, après plus d’un an de tensions diplomatiques.
À l’ouverture de la séance, les annonces portaient principalement sur les orientations et la méthode de travail. Le bilan des échanges, le calendrier de la Grande Commission mixte et les éventuels engagements sectoriels doivent encore être précisés dans les communications finales.
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