Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), un groupe d’opposition armé dans le nord de l’Éthiopie, a accusé l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo de partialité dans sa médiation du différend qui l’oppose actuellement au gouvernement fédéral.
Dans un communiqué publié lundi, le TPLF a déclaré qu’il ne reconnaissait plus Olusegun Obasanjo comme médiateur, l’accusant de manquer d’impartialité et d’agir à la demande du gouvernement fédéral.
Le TPLF dirige actuellement la région du Tigré après avoir renversé par la force, en avril dernier, l’administration intérimaire dirigée par Tadesse Worede, au motif que la prolongation de son mandat violait l’accord de Pretoria, dont Olusegun Obasanjo avait été le principal facilitateur.
Le TPLF a également accusé la communauté internationale et l’Union africaine (UA) d’avoir abandonné la mise en œuvre de l’accord de paix de Pretoria, signé en novembre 2022 et ayant mis fin à deux années de conflit entre les forces du TPLF et l’armée nationale éthiopienne. Selon les médiateurs de l’accord de Pretoria, la guerre menée entre 2020 et 2022 a fait environ 600 000 morts.
Le TPLF a notamment reproché au médiateur d’avoir cité le cas du Biafra et la guerre civile nigériane comme exemple, alors que l’issue de ce conflit n’avait pas résulté d’un règlement négocié.
Le TPLF a estimé que l’expérience du Biafra avait plutôt abouti à « un encerclement militaire, un blocus économique, un siège, la famine, des privations catastrophiques pour les civils et, finalement, une défaite militaire ».
Le TPLF a également fait état d’un autre motif de réserve à l’égard des négociations menées sous la conduite d’Olusegun Obasanjo, lui reprochant de ne pas avoir tenu une promesse.
Lors de sa visite au Tigré en juin 2026, que le TPLF a décrite comme une discussion approfondie, « il avait promis de revenir dans un délai d’une semaine ou, au plus tard, de deux semaines ». Il n’est toutefois revenu au Tigré que plus de deux mois plus tard.
Le TPLF a déclaré que son retour au Tigré s’était effectué sans que ses dirigeants en aient été informés. Selon le mouvement, Olusegun Obasanjo a expliqué ce retard en affirmant que « les autorités du gouvernement fédéral lui avaient demandé d’attendre » jusqu’à la conclusion de la Conférence nationale de dialogue.
Le TPLF a indiqué que son arrivée au Tigré ce mois-ci s’était faite « sans préavis, sans propositions concrètes et sans ordre du jour clairement défini ». Le mouvement a ajouté que « sa dernière démarche n’a pas fait exception : elle n’a permis aucune avancée concrète vers la paix ni dégagé de questions précises autour desquelles des négociations constructives pourraient être engagées ».
Le TPLF a conclu qu’« un dialogue de paix crédible nécessite un médiateur impartial et indépendant ».
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