Le développement d’un vaccin africain contre la souche Bundibugyo du virus Ebola franchit une étape décisive avec le lancement prochain d’un premier essai clinique sur l’homme, soutenu par un financement pouvant atteindre 16,5 millions de dollars de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).
En soutien au renforcement de la lutte contre Ebola, un financement de 16,5 millions de dollars, accordé au groupe pharmaceutique égyptien Minapharm, doit permettre de conduire un essai clinique de phase 1 sur son candidat-vaccin contre la souche Bundibugyo, une avancée qui illustre la montée en puissance des capacités africaines en matière de recherche, de développement et de production de solutions contre les maladies infectieuses.
Le candidat a été mis au point par ProBioGen, filiale berlinoise de Minapharm, à partir de la plateforme vaccinale propriétaire MVA-CR19. Cette technologie a déjà montré sa capacité à stimuler une réponse immunitaire durable dans le développement de vaccins ciblant des filovirus apparentés.
« Le financement de CEPI en faveur de Minapharm s’appuie sur la montée en puissance de l’innovation portée par l’Afrique pour contribuer à faire face à cette épidémie de plus en plus grave et à se préparer aux menaces futures », a déclaré le directeur général de CEPI, Richard Hatchett.
Selon lui, le candidat de Minapharm est le seul vaccin contre le virus Ebola de Bundibugyo actuellement présent dans le portefeuille de CEPI à avoir été conçu pour stimuler simultanément les réponses immunitaires des lymphocytes B et T, ce qui pourrait lui conférer un potentiel de protection plus large.
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement préoccupant en République démocratique du Congo (RDC), confrontée à une importante flambée de maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo.
Depuis le début de l’épidémie, le virus s’est propagé rapidement dans plusieurs provinces du pays, provoquant des milliers de cas confirmés et un taux de létalité proche de 50 %. La progression de la maladie exerce une forte pression sur les systèmes de santé et renforce l’urgence de disposer de nouveaux moyens de prévention et de contrôle.
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a salué le lancement de ce projet, y voyant une illustration concrète de la nécessité pour le continent de renforcer sa souveraineté sanitaire.
« Un candidat-vaccin développé par une entreprise africaine est exactement le type de capacité dont notre continent a besoin, non seulement pour faire face à cette épidémie, mais aussi pour permettre à l’Afrique de développer et de fabriquer elle-même les outils nécessaires à la protection de ses populations », a-t-il déclaré.
Si les premiers essais cliniques confirment la sécurité et l’efficacité du candidat, CEPI prévoit de poursuivre son soutien aux phases avancées du développement, ainsi qu’aux démarches réglementaires susceptibles de permettre une utilisation d’urgence.
L’objectif est de disposer, à terme, d’un vaccin pouvant être produit et déployé rapidement à un coût abordable dans les pays exposés au virus, tout en renforçant les capacités africaines de fabrication de vaccins et de réponse aux futures épidémies.
JN/lb/te/Sf/APA







