Les principaux industriels laitiers algériens attendent toujours les autorisations nécessaires à l’importation de poudre de lait, une situation administrative qui fragilise leurs stocks et ravive les craintes de tensions sur l’approvisionnement du marché.
La filière laitière algérienne traverse une nouvelle période d’incertitude. Soummam et Tchin-Lait, qui commercialise notamment la marque Candia Algérie, attendent des décisions du gouvernement dirigé par Sifi Ghrieb pour renouveler leurs achats de poudre de lait à l’étranger. Faute d’autorisations, les deux groupes continuent de puiser dans les stocks constitués en 2025.
Ces réserves ne constituent toutefois qu’un sursis. Plus les décisions tardent, plus les industriels voient leur marge de sécurité se réduire, avec le risque de devoir ralentir certaines lignes de production ou revoir leurs programmes d’approvisionnement. La situation met surtout en évidence la forte dépendance d’un secteur stratégique à des arbitrages administratifs difficiles à anticiper.
Le scénario rappelle celui de 2025, lorsque les premières dérogations n’avaient été accordées qu’à la fin du mois d’août par le ministère de l’Agriculture. Le remplacement de Youcef Cherfa par Yacine Oualid à la tête du département n’a, à ce stade, pas permis de fluidifier les procédures. Les entreprises déplorent, depuis plusieurs mois, une complexification des formalités encadrant les achats extérieurs.
Soummam, dirigé par Aziz Hamitouche, avait obtenu une première autorisation en février 2026. Sa deuxième demande reste cependant en attente. De son côté, Tchin-Lait, représenté par Fawzi Berkati, n’aurait encore reçu aucune réponse des autorités. Cette absence de visibilité complique la négociation des contrats internationaux, la programmation industrielle et la maîtrise des coûts, dans un marché mondial soumis aux fluctuations des prix et des frais de transport.
L’enjeu est d’autant plus important que l’Algérie figure parmi les principaux importateurs mondiaux de poudre de lait, avec environ 400 000 tonnes achetées chaque année. Cette dépendance rend la filière particulièrement vulnérable au moindre retard administratif. Si les stocks venaient à s’épuiser avant la délivrance de nouvelles autorisations, les conséquences pourraient rapidement se répercuter sur l’ensemble de la chaîne, des industriels aux consommateurs.
Cette situation met également en lumière les limites de la politique algérienne de régulation des importations. En cherchant à contenir la facture extérieure sans disposer d’une production nationale suffisante pour couvrir la demande, les autorités exposent un produit de première nécessité à des perturbations récurrentes.
Une clarification rapide et durable des procédures apparaît ainsi nécessaire pour éviter que le marché laitier ne reste enfermé dans un cycle de blocages administratifs, d’autorisations tardives et de risques récurrents de rupture d’approvisionnement.
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