Le général Modibo Koné, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État, est réapparu lundi 24 août à Alger dans la délégation du Premier ministre Abdoulaye Maïga. Sa présence constitue sa première apparition publique connue depuis les attaques du 25 avril, après plusieurs mois d’informations contradictoires sur son sort.
Pour sa première apparition publique depuis les événements tragiques du 25 avril 2025, le général Modibo Koné a participé à la visite de travail effectuée en Algérie par le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, porteur d’un message du président de la Transition Assimi Goïta à son homologue Abdelmadjid Tebboune.
Le patron de la Sécurité d’État apparaît sur les images diffusées à l’occasion du déplacement. Il a également été identifié parmi les membres de la délégation par Studio Tamani, aux côtés notamment du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. Les communiqués officiels malien et algérien avaient fait état d’une « importante délégation » sans en publier la composition nominative.
Cette réapparition apporte le premier élément public incontestable sur la situation de cet officier, considéré comme l’un des principaux responsables de l’appareil sécuritaire malien.
Quatre mois d’incertitude
Le nom de Modibo Koné avait été au centre de nombreuses informations non confirmées après les attaques coordonnées du 25 avril contre Bamako, Kati et plusieurs villes du Centre et du Nord du Mali.
Plusieurs médias avaient alors rapporté qu’il avait été grièvement blessé. Le Monde avait notamment fait état de blessures graves sur la foi de plusieurs sources, tandis que The Guardian avait relayé, au conditionnel, l’annonce de son décès. Certains médias régionaux l’avaient également présenté comme mort pendant son évacuation.
Contrairement au décès du ministre de la Défense Sadio Camara, officiellement annoncé par le gouvernement, les autorités maliennes n’avaient publié aucun communiqué confirmant la mort de Modibo Koné ni de bulletin médical détaillant son état.
Le 5 mai, Sputnik Afrique avait indiqué que le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État suivait un traitement et reprendrait prochainement ses fonctions. Le média russe attribuait cette information à l’ancien chef d’état-major général des armées maliennes, Oumar Diarra, par l’intermédiaire d’un canal de communication de l’Africa Corps. Cette annonce était toutefois restée sans confirmation publique directe de Bamako.
Sa présence à Alger dément donc les informations l’annonçant mort et indique qu’il a repris une activité officielle de haut niveau. Elle ne permet cependant pas de déterminer son état de santé exact ni de conclure à un rétablissement complet.
Un signal sécuritaire à Alger
La participation du chef de la Sécurité d’État donne également une dimension sécuritaire particulière à la visite, organisée dans le contexte de la normalisation progressive entre Bamako et Alger.
Les deux pays avaient annoncé, le 10 juillet, le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens, mettant fin à quinze mois de crise diplomatique. Le 9 août, un entretien téléphonique, tenu à l’initiative de la partie algérienne entre les deux Premiers ministres, avait préparé le déplacement d’Abdoulaye Maïga.
Aucun accord sécuritaire ni compte rendu détaillé des discussions n’a été rendu public. La présence de Modibo Koné indique néanmoins que les questions de renseignement et de sécurité transfrontalière occupent une place dans le dialogue rétabli entre les deux capitales.
La présence de Modibo Koné confère une dimension sécuritaire à la visite d’Alger. Sa participation à cette mission de haut niveau marque aussi son retour public aux côtés des autorités maliennes, quatre mois après les attaques du 25 avril.
MD/ac/Sf/APA







