Les retards dans l’acquisition des terrains et l’insuffisance des financements de contrepartie paralysent plusieurs projets routiers en Ouganda, suscitant de vives préoccupations au Parlement.
La sous-secrétaire chargée des Finances et de l’Administration au ministère ougandais des Travaux publics et des Transports, Barbara Mugambe, a expliqué que deux contraintes liées au foncier nécessitent d’importantes ressources financières, obligeant le gouvernement à recourir à l’emprunt pour financer séparément les travaux et l’acquisition de terrains.
Elle a cité notamment la route Jinja-Mbulamuti-Kamuli-Mukungu, longue de 127 km, et dix kilomètres de routes dans la ville de Jinja, pour lesquels le gouvernement prévoit de mobiliser des ressources destinées à résoudre les difficultés liées au foncier.
Selon un rapport présenté à la Commission de l’économie nationale sur l’état des projets financés par des ressources extérieures, plusieurs infrastructures accusent d’importants retards. Il s’agit notamment de l’autoroute Busega-Mpigi (23,7 km), de la route Rwenkunye-Apac-Lira-Puranga (191 km) et de 11,45 km de routes nationales dans les zones d’accueil des réfugiés de la sous-région du Nil occidental.
Ces projets sont confrontés à des retards dans l’acquisition des terrains, en raison notamment de crédits budgétaires insuffisants et de litiges fonciers.
Pour l’autoroute Kampala-Jinja, longue de 92 km, seuls 4 519 des 16 000 usagers concernés ont été indemnisés, pour un montant de 502,9 milliards de shillings ougandais. Le ministère a reçu 338 milliards de shillings au titre de l’exercice budgétaire 2026/2027 pour poursuivre les indemnisations.
Le projet de développement du port de Bukasa, évalué à 50 millions d’euros, fait également face à des difficultés. Les personnes affectées refusent de libérer les emprises, réclamant les terrains de réinstallation qui leur avaient été promis par le président en 2023.
La présidente de la commission, Jane Avur, a critiqué les retards dans l’exécution des projets, estimant qu’ils fragilisent leur financement. Elle s’est notamment interrogée sur la pertinence de mobiliser de nouveaux prêts alors que certaines conditions préalables à la réalisation des infrastructures ne sont pas réunies.
Le député David Okwere, du Mouvement de résistance nationale (NRM), a pour sa part fait état de 13 chantiers routiers abandonnés et dénoncé la dégradation prématurée de certaines routes, notamment sous l’effet du passage des poids lourds.
De son côté, la députée de Gulu, Betty Aol, a appelé le ministère à renforcer la participation des entreprises ougandaises dans les projets d’infrastructures, conformément à la politique « Acheter ougandais, construire ougandais » (BUBU).
Le commissaire chargé des routes nationales, l’ingénieur Isaac Wani, a expliqué que les révisions de conception constituent également un facteur de retard. Il a cité le cas de la route Nebbi-Goli, dont la conception avait été achevée en 2019, alors que les financements nécessaires à sa construction n’ont été disponibles qu’en 2025.
Selon lui, une conception datant de plusieurs années doit être actualisée pour tenir compte de l’évolution des conditions, notamment du trafic routier.
Concernant la participation des entreprises locales, M. Wani a précisé que les projets financés par des partenaires extérieurs sont soumis à leurs propres règles de passation des marchés, tandis que les entreprises ougandaises sont davantage mobilisées dans les projets financés par le gouvernement.
Il a enfin assuré que la plupart des chantiers routiers précédemment abandonnés ont repris après l’obtention de financements supplémentaires. Le principal obstacle était, selon lui, le non-paiement des entreprises, une difficulté désormais résolue.
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