La demande de terrain formulée par Khartoum pour construire son ambassade à Bamako illustre le renforcement des relations entre le Mali et le Soudan, amorcé depuis la signature d’un protocole de coopération en 2024.
Le Soudan a demandé au Mali une parcelle destinée à la construction de son ambassade à Bamako. Cette démarche marque une étape dans le rapprochement engagé depuis 2024.
La requête a été présentée jeudi 13 août par Khalid Abdelgadir Shukri Jadelhag, ambassadeur soudanais au Mali, lors d’une audience avec le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Issa Ousmane Coulibaly.
Premier ambassadeur du Soudan résidant au Mali, le diplomate a sollicité l’accompagnement des autorités pour sa mission. La représentation soudanaise a été ouverte en septembre 2025, avant la présentation de ses lettres de créance au président Assimi Goïta le 23 octobre.
Issa Ousmane Coulibaly a rappelé les liens entre les deux États et relevé la proximité de leurs défis sécuritaires. Le ministre malien connaît le Soudan pour y avoir effectué une mission entre 2004 et 2005.
Amorce d’un rapprochement
L’ouverture de l’ambassade découle d’un protocole de coopération conclu en juin 2024, qui prévoyait aussi la reprise des activités consulaires maliennes au Soudan. La relation s’est accélérée avec la visite à Bamako, en janvier 2025, du président du Conseil souverain soudanais, Abdel Fattah Al-Burhan.
Lors de ce déplacement, Assimi Goïta et son homologue soudanais avaient retenu des axes de coopération économique, sécuritaire et culturelle, ainsi que le principe d’une commission mixte. En avril 2025, le directeur malien de la Sécurité d’État, Modibo Koné, avait ensuite rencontré Al-Burhan à Port-Soudan.
Ce rapprochement intervient alors que l’armée soudanaise, dirigée par Al-Burhan, affronte depuis avril 2023 les Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit a provoqué l’une des plus graves crises humanitaires et de déplacement au monde.
La demande foncière ouvre la phase matérielle de l’implantation diplomatique soudanaise. L’attribution du terrain, le calendrier de construction et la tenue de la commission mixte permettront d’en mesurer les prochaines avancées.
MD/ac/Sf/APA







