La situation des enfants se dégrade fortement dans le nord du Mozambique, où 403 mineurs, dont 71 filles, ont été recrutés par des groupes armés en 2024, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Groupe sectoriel santé.
Le rapport d’analyse de la situation sanitaire publique (PHSA) fait état d’une hausse de 525 % des violations graves des droits de l’enfant au Mozambique en 2024, plaçant le pays parmi les cinq États au monde ayant enregistré la plus forte progression de ces violations. Avec notamment le recrutement de 403 enfants par des groupes armés.
À Cabo Delgado, province septentrionale en proie à une insurrection depuis 2017, les enfants sont notamment exposés aux enlèvements et au recrutement par des groupes armés non étatiques. Le conflit, attribué à des groupes insurgés liés à l’État islamique, continue de cibler les populations civiles et les infrastructures essentielles, près de neuf ans après son déclenchement.
Les violences ont également aggravé les déplacements de population. Le nord du Mozambique compte actuellement 506 214 personnes déplacées, soit une progression de 9 % sur un an. En juin seulement, 12 174 personnes ont été contraintes de quitter leurs localités, portant à 26 184 le nombre de nouveaux déplacés enregistrés depuis le début de l’année.
Les femmes et les enfants représentaient 79 % des personnes déplacées en juin, illustrant l’impact particulièrement lourd du conflit sur les populations les plus vulnérables.
Malgré le retour de plus de 715 000 personnes dans leurs zones d’origine, les besoins humanitaires restent considérables. La destruction des services essentiels et l’accès limité aux terres agricoles contraignent une grande partie des familles retournées à continuer de dépendre de l’aide humanitaire.
Le conflit à Cabo Delgado, province riche en gaz naturel, a provoqué depuis 2017 de graves traumatismes au sein des communautés, ainsi que des violences sexistes et d’importantes séparations familiales.
JN/fss/te/Sf/APA







