A l’occasion de la commémoration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition), Tidjane Thiam, a vivement critiqué les procédures judiciaires visant sa formation politique, tout en saluant les récents gestes d’ouverture du chef de l’État, Alassane Ouattara.
Dans un message mêlant fermeté politique et volonté d’apaisement, le leader de l’opposition, Tidjane Thiam, a jeté un pavé dans la mare en évoquant des liens étroits entre l’accusation et le parti au pouvoir dans le différend juridique qui secoue le PDCI.
« Le fait que l’avocat des plaignants exerce de hautes fonctions au sein du RHDP, puisqu’il est notamment membre de la cellule juridique nationale du RHDP, est un élément qui ne peut être ni ignoré, ni ne pas nous interpeller », a martelé le président du parti d’opposition.
Pour le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam, les actions en justice successives subies par le parti et ses dirigeants s’apparentent, aux yeux des militants, à une forme de « harcèlement judiciaire ».
Réfutant l’idée que ces procédures ne soient que de simples querelles internes, il a émis le souhait que « les différends politiques trouvent leurs résolutions dans le débat démocratique, plutôt que dans une judiciarisation de la vie politique qui ne sert ni l’apaisement, ni notre démocratie ».
Pour appuyer son propos, il a rappelé la jurisprudence Bédié d’octobre 2013 lors du 12e congrès du PDCI. À l’époque, le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau avait jugé irrecevable la requête de suspension du congrès pour « défaut de qualité des plaignants ».
Afin d’éviter que le parti octogénaire ne soit de nouveau victime de telles ingérences, Tidjane Thiam a annoncé que le PDCI prendrait désormais des initiatives fortes pour garantir le libre exercice des partis politiques.
Le successeur d’Henri Konan Bédié a profité de ce 7 août pour honorer la mémoire des pères fondateurs de la Nation. Il a salué Félix Houphouët-Boigny, qui a fait de la Côte d’Ivoire un pays respecté, et rendu hommage au président Bédié, dont le troisième anniversaire du rappel à Dieu a été commémoré le 1er août dernier.
Il a également adressé ses salutations respectueuses au président Alassane Ouattara, à la tête du pays depuis 2011, tout en rappelant que la vie d’une nation est avant tout une œuvre collective portée par les forces vives de son peuple.
S’adressant directement à sa base, Tidjane Thiam a salué l’engagement et la forte mobilisation des militants lors des festivités marquant le 80e anniversaire du PDCI, formation politique fondée par Houphouët-Boigny en 1946.
« Je veux saluer le geste posé par le président de la République, Alassane Ouattara, en faveur de l’apaisement de la vie politique dans notre pays. La présence d’une forte délégation représentant le chef de l’État à l’ouverture de la célébration des 80 ans du PDCI, le 9 avril 2026, la participation de hauts cadres du RHDP, ainsi que l’invitation qui nous a été adressée à prendre part à la fête nationale », a-t-il dit.
« J’ai donc personnellement demandé aux militants et aux responsables du PDCI de s’impliquer pleinement dans les préparatifs de cette fête nationale (l’an 66 de l’indépendance). Nous sommes tous des Ivoiriens, et la fête nationale est l’affaire de toute la nation », a-t-il ajouté.
« Tous ces gestes traduisent de manière concrète notre volonté d’ouverture et de dialogue dans l’intérêt de la paix et de la cohésion nationale », at-il insinué. Rappelant que la paix repose avant tout sur la confiance et le respect mutuel, il a réaffirmé que la foi de son parti dans le dialogue restait aujourd’hui « plus inébranlable que jamais ».
Le PDCI continuera d’inscrire son action dans cette vision, a-t-il réitéré, se disant « convaincu que le dialogue demeure le chemin le plus sûr pour préserver la stabilité de notre pays, renforcer la confiance entre les acteurs de la vie nationale, et consolider durablement la cohésion sociale ».
« C’est dans cet esprit que nous formulons le vœu que la dynamique d’apaisement observée depuis quelque temps dans notre pays, puisse se poursuivre et s’amplifier. Je veux, à cet égard, exprimer l’espoir que nos militants encore privés de liberté puissent rapidement retrouver leurs familles », a-t-il lancé.
« Je souhaite également que chaque parti politique puisse exercer ses activités sans ingérence, et que chacun puisse choisir librement son organisation, sa structure ainsi que ses dirigeants », a conclu le chef du PDCI.
AP/Sf/APA







