A l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, la commune de Yopougon, plus grande municipalité du pays, située dans l’Ouest d’Abidjan, a vibré au rythme d’un défilé mémorable, en présence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, marqué notamment par la présentation du mythique tambour parleur Djidji Ayôkwé.
C’est une célébration profondément ancrée dans l’histoire et la souveraineté nationale qui s’est déroulée ce vendredi 7 août 2026. Le point d’orgue de cette journée a été la présentation officielle à la Nation du mythique tambour parleur Djidji Ayôkwé, récemment restitué par la France.
Placée sous le thème « Forces de défense et de sécurité (FDS) au service de la paix, de l’unité et du développement », la commémoration du 66e anniversaire de l’indépendance ivoirienne, a mis à l’honneur plusieurs nations partenaires.
Le Gabon, le Bénin, la Guinée et l’Inde étaient ainsi les invités spéciaux de la Côte d’Ivoire. Le président gabonais, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a personnellement pris part aux festivités aux côtés de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara.
Le défilé militaire a vu la participation de détachements des armées invitées, notamment celle de l’Inde, 5e puissance militaire mondiale dotée de 1,2 million de soldats. Au total, ce sont 5 423 agents des forces de défense et de sécurité ivoiriennes et 534 engins qui ont été engagés.
Le retour triomphal du Djidji Ayôkwé
Confisqué par les autorités coloniales en 1916 en raison de son rôle stratégique, le tambour parleur Djidji Ayôkwé, joyau du patrimoine national, a été restitué le 20 février 2026. Issu du peuple Ébrié d’Abidjan, ce tambour à fente monumental de plus de 3 mètres et 400 kg servait autrefois à transmettre des alertes de village en village.
Durant l’époque coloniale, il fut un puissant vecteur de mobilisation pour la résistance contre le travail forcé et le recrutement militaire. Sa présentation publique lors du défilé civil, ce 7 août, a suscité une vive émotion parmi les populations en liesse.
Avec ses sons variés, le tambour parleur Djidji Ayôkwé transmettait des ordres et des messages codés d’un village à l’autre, ce qui permettait de prévenir les opérations de recrutement forcé et d’organiser la résistance.
Sublimé par une fresque du célèbre chorégraphe, Georges Momboye, directeur du Ballet national, le défilé civil a mis en lumière toute la puissance culturelle, le rythme et l’innovation du génie créatif ivoirien.
Un défilé militaire d’envergure
Organisées sur le Boulevard de la Solidarité, une artère principale reliant le Rond-point de SIPOREX au Palais de justice, les festivités ont réuni le sommet de l’État, les membres du gouvernement, la haute hiérarchie militaire, des diplomates, des chefs traditionnels, la société civile et des partis politiques.
La célébration s’est articulée autour de trois moments clés, à savoir la revue des troupes par le chef de l’État, le défilé militaire pédestre, motorisé et aérien matérialisant l’allégeance des forces de défense au président, et enfin le défilé civil marqué par la dimension culturelle et historique du tambour parleur.
Cette démonstration de force et d’unité a non seulement permis de réaffirmer le lien indéfectible entre l’armée et la Nation, mais elle a également rassuré les Ivoiriens sur la pleine capacité de leurs forces armées à garantir la sécurité du territoire face à toutes les menaces contemporaines.
La commune de Yopougon, comprenant quelque 2 millions d’habitants, abrite cette année la célébration de l’an 66 de l’indépendance du pays, après la ville de Bouaké, la métropole du centre ivoirien. C’est la première fois qu’une commune résidentielle du District d’Abidjan est choisie comme hôte officiel de cet évènement.
AP/Sf/APA







