La ville historique de Sassandra, dans le Sud-ouest ivoirien, a vibré au rythme de la première édition du Festival Sêkêh du 31 juillet au 1er août 2026. Placé sous le thème « Les arts au service du développement durable et de la cohésion sociale : la symbolique du Sêkêh dans le Gbôklè », cet événement majeur a brillamment mis en lumière la richesse du patrimoine immatériel local, tout en jetant les bases d’un essor économique régional.
Plus qu’une simple célébration festive, le Festival Sêkêh s’impose désormais comme le point de départ d’une ambition nouvelle pour le Gbôklè. Mahamadou Kébé, président du Conseil régional et hôte de l’événement, a d’ailleurs qualifié cette édition de « début d’une grande aventure », visant à transformer la culture en un puissant moteur de développement territorial.
Le Gbôklè, par sa façade maritime sur l’océan Atlantique, porte en lui les stigmates des premiers échanges commerciaux et historiques de la Côte d’Ivoire. Le festival a permis de réaffirmer cette identité forte.

« Ce festival n’est pas seulement un moment de danse. C’est un moment pour montrer à toute la Côte d’Ivoire la richesse de notre patrimoine culturel, pour rappeler que notre diversité est une force et que nos cultures peuvent être des instruments de paix », a soutenu Mahamadou Kébé.
Cette quête de cohésion nationale s’est matérialisée par la présence remarquable de la région du Bounkani (Nord), invitée d’honneur de cette édition. Menée par le président du Conseil régional Philippe Hien, une délégation de plus de cent personnes a parcouru près de 1000 kilomètres pour rallier Sassandra. Un déplacement salué comme un symbole fort d’amour et de fraternité interethnique transcendant les distances géographiques.
Présent lors de l’ouverture le 31 juillet 2026, Eugène Aka Aouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et de l’Assemblée des régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), a salué la vision du Conseil régional. Pour lui, la responsabilité des collectivités locales dépasse la simple construction d’infrastructures physiques.
Elle englobe la préservation des langues, des rites et des traditions qui nourrissent le sentiment d’appartenance. « Une entité territoriale qui valorise ses ressources immatérielles et qui les inscrit dans une dynamique d’ouverture dispose d’un atout supplémentaire pour construire son attractivité », a-t-il déclaré.

Simone Ayeri, présidente du Comité d’organisation, a rappelé la signification profonde du « Sêkêh », symbole séculaire de dignité, d’alliance et d’équilibre. Ce patrimoine incarne la sagesse des quatre grands peuples autochtones de Sassandra et de Fresco : les Godié, les Kodia, les Néyo et les Bakwé.
Elle a insisté sur l’impact pragmatique de l’événement, insistant sur le fait que la culture constitue une véritable industrie créatrice d’emplois. Les danses, la gastronomie, l’artisanat et les savoir-faire locaux s’inscrivent directement comme des opportunités d’avenir pour la jeunesse de la région.
Durant ces journées d’immersion, le Gbôklè s’est offert aux regards à travers ses parades culturelles, la ferveur de ses rites, la profondeur de ses panels de réflexion, mais aussi par ses atouts touristiques naturels tels que la beauté de ses plages et la richesse de ses vestiges historiques.
Le Festival Sêkêh qui consacre les arts et la culture de la Région du Gbôklè, s’impose d’ores et déjà comme le carrefour incontournable de la sauvegarde et de la transmission intergénérationnelle du patrimoine du Sud-ouest ivoirien.
AP/APA







