Le Gabon et la Guinée équatoriale ont franchi une nouvelle étape dans le règlement de leur différend territorial avec la signature, mardi à Addis-Abeba, d’un engagement conjoint portant sur la mise en œuvre de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 mai 2025 sur la délimitation de leurs frontières terrestres et maritimes.
Libreville et Malabo ont signé leur engagement sur l’accord de la CIJ concernant leur différend territorial, en marge de la 49ᵉ Session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA). Ont paraphé, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora, Simeón Oyono Esono Angüe, et le président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono, représentant leurs pays respectifs.
La cérémonie s’est déroulée en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, du président du Conseil exécutif de l’UA, Édouard Bizimana, ainsi que de l’envoyé spécial de l’organisation panafricaine pour le suivi de ce dossier, le ministre burundais des Affaires étrangères Albert Shingiro.
Nommé en mars 2026 par l’Union africaine pour accompagner Libreville et Malabo dans l’application de la décision de la CIJ, Albert Shingiro a ainsi contribué au rapprochement des positions des deux États voisins d’Afrique centrale.
Dans un communiqué, l’Union africaine a salué la signature de cet engagement, y voyant une avancée majeure dans le règlement pacifique d’un contentieux qui oppose les deux pays depuis plusieurs décennies. Pour le président de la Commission de l’UA, cet accord traduit « un engagement commun envers le dialogue, la coopération, le bon voisinage et la résolution pacifique des différends dans l’esprit de l’unité africaine ».
La décision de la CIJ, rendue le 19 mai 2025 à la suite d’un compromis soumis conjointement par Libreville et Malabo, s’est appuyée sur la Convention franco-espagnole du 27 juin 1900 pour déterminer les références juridiques applicables à la frontière entre les deux pays.
La juridiction internationale avait précisé qu’elle n’était pas appelée à tracer elle-même une nouvelle frontière ni à attribuer des territoires, mais à établir la valeur juridique des différents titres, traités et conventions invoqués par les deux parties.
Son arrêt concerne notamment plusieurs territoires insulaires disputés, dont les îles Mbanié, Cocotiers et Conga, situées dans une zone maritime stratégique susceptible de renfermer d’importantes ressources pétrolières et gazières.
Le différend, qui remonte à plusieurs décennies, avait été porté devant la CIJ après plusieurs tentatives de médiation, et la conclusion, en 2016, d’un compromis entre les deux États afin de privilégier la voie judiciaire.
Si la question des frontières terrestres et du statut des îles relève désormais de l’application de la décision de la CIJ, la délimitation maritime reste ouverte à la négociation entre les deux pays, conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Convention de Montego Bay).
À travers cet accord d’engagement conjoint, Libreville et Malabo affichent leur volonté de privilégier le dialogue et la coopération régionale pour tourner la page d’un différend historique et renforcer leurs relations de bon voisinage.
TE/Sf/APA







