Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a effectué mardi une visite de travail et de solidarité de vingt-quatre heures au Mali. Reçu par Assimi Goïta, il a présenté les condoléances du Sénégal après de récentes attaques, et appelé à renforcer la coopération contre le terrorisme.
Arrivé vers 9 h 50 à l’aéroport international Président Modibo-Keïta, le chef de l’État sénégalais a été accueilli au pied de la passerelle par le président de la transition malienne Assimi Goïta. L’exécution des hymnes nationaux, la revue des troupes et la présentation des corps constitués ont précédé le départ des deux dirigeants pour le palais de Koulouba. Bamako a présenté le déplacement comme une visite de « travail et de solidarité », tandis que la présidence sénégalaise a retenu la formule de visite « d’amitié et de travail ».
À Koulouba, Bassirou Diomaye Faye et le général Assimi Goïta se sont d’abord entretenus en tête-à-tête avant une réunion élargie aux membres de leurs délégations. Aucun accord bilatéral ni communiqué conjoint détaillé n’avait été rendu public dans l’immédiat, mais la déclaration du président sénégalais a permis de préciser les principaux sujets abordés.
Solidarité
Bassirou Diomaye Faye a placé son déplacement sous le signe des liens historiques, familiaux, culturels et économiques entre les deux pays. Il a estimé que leur proximité géographique et leur histoire commune fondaient la particularité d’une relation qu’il a qualifiée d’« exemplaire ». Cette visite, a-t-il expliqué, visait également à renouveler au gouvernement et au peuple maliens les condoléances du Sénégal après des attaques ayant coûté la vie à plusieurs soldats.
Le chef de l’État sénégalais a condamné ces violences « avec la plus grande fermeté » et rendu hommage aux efforts engagés par les autorités et les forces maliennes. Il n’a toutefois pas identifié précisément les attaques auxquelles il faisait référence dans sa déclaration. Le Mali reste confronté à une crise sécuritaire déclenchée en 2012 et marquée, ces derniers mois, par une intensification des opérations de groupes armés dans plusieurs régions.
Le président sénégalais a surtout insisté sur le caractère transnational de la menace. « Ces menaces ne connaissent pas de frontières et se renforcent avec nos divisions », a-t-il déclaré, avant de renouveler la disponibilité de Dakar à accompagner Bamako.
Les deux dirigeants ont évoqué les moyens de lutter plus efficacement contre le terrorisme, de préserver la stabilité régionale et de renforcer la coopération dans les cadres bilatéraux et les institutions auxquelles leurs pays appartiennent.
Les échanges ont également porté sur le transport de marchandises. Le sujet est stratégique pour le Mali, pays enclavé dont une part essentielle des importations passe par le port de Dakar et le corridor routier reliant les deux capitales. La Banque mondiale estime qu’environ 60 % du commerce extérieur malien emprunte cet axe, aujourd’hui fragilisé par la dégradation des routes, les coûts logistiques et l’insécurité sur certaines portions situées dans l’ouest du Mali.
Équilibres
La rencontre intervient neuf jours après l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Le déplacement est cependant resté bilatéral : le président sénégalais n’était pas accompagné d’une délégation de la Cédéao. Cette distinction est importante dans un contexte où les relations entre l’organisation régionale et la Confédération des États du Sahel demeurent sensibles.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la Cédéao le 29 janvier 2025, tout en maintenant plusieurs dispositifs de libre circulation et de coopération économique. Réunie le 19 juillet 2026 à Freetown, l’organisation a prolongé jusqu’en décembre le mandat de son négociateur en chef, Lansana Kouyaté, et réaffirmé que les discussions avec les trois pays devaient être conduites avec l’AES comme bloc unifié. Aucun élément rendu public à Bamako n’indique que la visite de Bassirou Diomaye Faye constituait une négociation formelle dans ce cadre.
Il s’agit du deuxième déplacement de Bassirou Diomaye Faye au Mali depuis son élection. Le président sénégalais s’était rendu à Bamako le 30 mai 2024, moins de deux mois après son investiture, pour une première rencontre avec Assimi Goïta. Son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, avait poursuivi ce dialogue en août de la même année, en affirmant que les choix institutionnels du Mali et son engagement au sein de l’AES ne devaient pas affecter les relations bilatérales.
À l’issue de ses entretiens, Bassirou Diomaye Faye a fait état d’une convergence de vues sur les principales questions abordées. Faute d’annonce concrète immédiate, la visite aura principalement permis à Dakar et Bamako de réaffirmer leur volonté de préserver un canal politique direct, de coordonner leurs efforts sécuritaires et de protéger une relation économique indispensable aux populations des deux pays.
MD/ac/Sf/APA







