Le Bénin veut investir jusqu’à 20,77 millions de dollars pour s’attaquer durablement à la dégradation de ses terres agricoles, considérée comme l’un des principaux freins à l’amélioration des rendements.
Le gouvernement béninois, avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), a lancé vendredi à Cotonou le projet « Systèmes alimentaires durables pour une plus grande résilience et une sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin », également appelé Food Systems.
Lancé par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, le projet entend apporter une réponse structurée à l’appauvrissement des sols et à la faible productivité agricole, notamment dans les filières riz et maïs.
Selon les autorités béninoises, une enquête réalisée en 2019 avait établi que plus de 5 millions de personnes, soit environ 40 % de la population, étaient exposées à la dégradation des terres. Près de 38 % du territoire national était par ailleurs considéré comme dégradé. Cette situation aurait pour conséquence de réduire d’au moins 50 % les rendements agricoles, tout en fragilisant les revenus et les moyens de subsistance des populations rurales.
20 000 hectares à restaurer
Face à cette situation, le projet Food Systems, prévu jusqu’en 2030, vise à transformer durablement les systèmes de production et les chaînes de valeur du riz et du maïs. Il prévoit notamment la restauration de 20 000 hectares de terres dégradées et l’adoption de pratiques agricoles durables sur 114 900 hectares.
Quelque 36 000 producteurs et autres bénéficiaires directs sont ciblés, tandis que le nombre de bénéficiaires finaux est estimé à 356 000 personnes. Les interventions concerneront notamment les communes de Karimama, Malanville, Glazoué, Kétou et Aguégués.
Le financement global du projet s’élève à 20,77 millions de dollars, dont 5,97 millions de dollars apportés par le FEM et 14,8 millions de dollars au titre du cofinancement de la partie béninoise.
Un enjeu économique majeur
L’urgence est d’autant plus grande que l’agriculture demeure un pilier essentiel de l’économie béninoise. Elle représente en moyenne 26 % du PIB, près de 80 % des recettes d’exportation et environ 70 % des emplois. Le maïs et le riz occupent notamment une place centrale dans l’alimentation des populations, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
Le projet entend ainsi agir simultanément sur les politiques publiques, la production et les marchés afin de faire évoluer les chaînes de valeur vers des systèmes alimentaires plus productifs, résilients et respectueux de l’environnement.
Le ministre de l’Agriculture a toutefois appelé à la vigilance dans le choix des technologies destinées à restaurer les sols, soulignant la nécessité de s’assurer de leur pertinence et de leur efficacité avant leur déploiement à grande échelle.
Pour Paul-Henri Zoéwindé Bouda, représentant résident de la FAO au Bénin, la réussite de l’initiative reposera sur l’engagement collectif de l’ensemble des acteurs concernés, des structures chargées de sa mise en œuvre jusqu’aux producteurs bénéficiaires.
À travers Food Systems, le Bénin cherche donc à rompre le cercle vicieux entre dégradation des terres, faibles rendements et précarité, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la résilience de son agriculture face aux défis environnementaux.
TE/Sf/APA







