Le Maroc a remis, vendredi 24 juillet, aux autorités maliennes le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle de Sébénicoro, à Bamako. L’établissement doit former près de 1 000 jeunes par an dans 21 filières du BTP, du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration.
Annoncée comme prochaine dès octobre 2020, la mise en service du Complexe Mohammed VI de formation professionnelle de Sébénicoro, à Bamako, est désormais prévue pour la prochaine rentrée, après sa remise aux autorités maliennes par le Maroc.
Le complexe a été entièrement construit, financé et équipé par la Fondation Mohammed VI pour le développement durable. Il occupe une superficie couverte de 5 200 mètres carrés dans le quartier de Sébénicoro, à l’ouest de Bamako.
Sur les 21 filières annoncées, douze concernent les métiers du bâtiment et des travaux publics. Les neuf autres portent sur le tourisme, l’hôtellerie et la restauration. Les intitulés détaillés des spécialités et la répartition des places entre les différentes formations doivent encore être communiqués.
L’organisation pédagogique annoncée associe les cours théoriques, la pratique sur les plateaux techniques et l’expérience en milieu professionnel. Les installations visitées comprennent des espaces consacrés au BTP, à l’hôtellerie, à la restauration et aux activités administratives.
Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, son homologue malien, et Oumou Sall Seck, ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ont parcouru les différents ateliers avant l’annonce de la mise à disposition du centre.
La remise a été décidée par le roi Mohammed VI dans le cadre de la coopération entre les deux pays. Oumou Sall Seck a indiqué que l’établissement renforcerait les capacités nationales de formation dans des métiers liés à la construction et aux services.
La mise en activité du complexe avait déjà été examinée en octobre 2020 par le ministère malien chargé de la Formation professionnelle et l’ambassade du Maroc. Les discussions portaient alors sur son ouverture prochaine ainsi que sur l’envoi au Maroc d’une cinquantaine de boursiers maliens.
En mai 2026, Oumou Sall Seck et l’ambassadeur marocain Driss Isbayene avaient effectué une nouvelle visite des installations. Le ministère avait alors annoncé une ouverture imminente et une capacité annuelle de 1 000 apprenants.
Un marché du travail largement informel
L’ouverture annoncée intervient dans un pays où plus des deux tiers de la population ont moins de 25 ans. Entre 250 000 et 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail malien, selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2025.
Cette étude estime que 95,6 % des emplois occupés par les jeunes relèvent du secteur informel. Elle indique également que 68,4 % des Maliens âgés de 15 à 24 ans se trouvent hors du système scolaire et qu’une grande partie d’entre eux accèdent au travail sans formation professionnelle formelle.
Une évaluation publiée en mai 2026 par l’Organisation internationale du travail situe à près de 99 % la part de l’emploi informel chez les jeunes Maliens, à partir des données nationales de 2022. Cette proportion comprend notamment les activités indépendantes, les emplois familiaux et les occupations exercées sans contrat ni protection sociale.
Les formations prévues à Sébénicoro portent sur des métiers accessibles à différents niveaux de qualification. Dans le BTP, elles doivent préparer des techniciens et des ouvriers spécialisés pour les chantiers de construction et d’infrastructures. Les filières de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration concernent pour leur part les services d’accueil, d’hébergement et de restauration.
Le modèle présenté repose sur l’alternance entre enseignement et pratique professionnelle. Les modalités de partenariat avec les entreprises maliennes, les conditions d’organisation des stages et les mécanismes d’accompagnement des diplômés vers l’emploi doivent encore être précisés.
Le programme communiqué lors de la remise porte sur 21 filières. Lors de la visite officielle de mai, le ministère malien avait mentionné 18 filières pour la même capacité annuelle de 1 000 apprenants. Les autorités n’ont pas encore publié la liste complète permettant d’identifier les trois formations supplémentaires.
Les communications officielles fixent l’accueil des premiers stagiaires à la prochaine rentrée. Le calendrier des candidatures, les niveaux scolaires exigés, la durée des formations, les diplômes préparés, les frais éventuels et les conditions d’hébergement restent à communiquer.
MD/te/Sf/APA







