Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a pressé mardi son gouvernement d’accélérer plusieurs mégaprojets miniers présentés comme les piliers de la diversification économique, mais dont la mise en exploitation reste dépendante de lourdes infrastructures ferroviaires, portuaires et industrielles encore en chantier.
La réunion entre le président Tebboune et son gouvernement, consacrée au suivi des projets structurants, a porté sur la feuille de route minière dévoilée en avril par le chef de l’État. Alger espère réduire sa dépendance aux hydrocarbures grâce à l’exploitation du phosphate, du fer, du zinc et du plomb. Les objectifs annoncés demeurent toutefois tributaires du respect de calendriers serrés et de la levée d’obstacles bureaucratiques et logistiques reconnus par les autorités elles-mêmes.
Le complexe intégré de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, figure parmi les principaux dossiers examinés. Le bassin phosphatier oriental renfermerait plus de trois milliards de tonnes de ressources géologiques, dont 841 millions de tonnes de réserves exploitables pour la seule mine de Bled El Hadba.
Porté par Sonatrach et Sonarem, le projet doit couvrir l’extraction, l’enrichissement, la transformation et la commercialisation du phosphate. Sa viabilité repose cependant sur la réalisation simultanée du complexe chimique d’Oued Kebrit, de l’extension du port d’Annaba et de la modernisation de la ligne ferroviaire minière Est.
Long de 422 kilomètres et traversant cinq wilayas, cet axe doit relier les gisements de Djebel El Onk et de Bled El Hadba aux unités de transformation et aux infrastructures d’exportation. Les autorités visent l’achèvement des principaux travaux avant la fin de l’année et une entrée en exploitation au premier trimestre 2027, un calendrier qui laisse peu de marge face à l’ampleur des opérations de dédoublement et de rectification du tracé.
Le gouvernement a également examiné le complexe industriel de Toumiat, lié à la mine de fer de Ghar Djebilet. Inaugurée en avril 2025, cette installation ambitionne de produire à terme dix millions de tonnes par an de concentrés et de boulettes de fer. Cette capacité reste pour l’heure un objectif industriel plutôt qu’un volume effectivement atteint.
Même incertitude autour de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, à Béjaïa, dont les ressources géologiques sont estimées à 54 millions de tonnes et les réserves exploitables à 34 millions.
La réunion illustre ainsi l’empressement du pouvoir à afficher un tournant minier. Mais la diversification promise dépend encore de chantiers interdépendants, de financements lourds et d’une capacité d’exécution que le gouvernement doit désormais démontrer.
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