La Guinée a ouvert, vendredi 17 juillet, une nouvelle phase de sa transition politique avec l’installation des 147 députés élus lors des élections législatives du 31 mai 2026.
Réunis en séance inaugurale au Palais du Peuple, les parlementaires guinéens ont procédé à l’élection du président de l’Assemblée nationale, marquant ainsi la fin du Conseil national de la transition (CNT), mis en place après le coup d’État du 5 septembre 2021.
Cette rentrée parlementaire constitue une étape majeure dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé par les autorités de transition. Elle met un terme au mandat du CNT, qui assurait les fonctions législatives depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya.
Les élections législatives du 31 mai ont permis de renouveler les 147 sièges de l’Assemblée nationale. Les résultats définitifs, proclamés le 19 juin par la Cour suprême, ont consacré une large victoire de la coalition soutenant le président Doumbouya. La mouvance présidentielle, conduite par la Génération pour la modernité et le développement (GMD), a obtenu plus de 80 % des sièges.
Parmi les formations de l’opposition et les autres partis représentés, l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) a remporté neuf sièges, devant Nouveau Départ et le Rassemblement des Guinéens du Travail (RGT), crédités de sept sièges chacun. Le parti FIDELE a obtenu six sièges, tandis que le reste des mandats est réparti entre plusieurs formations politiques et des élus de circonscription.
À l’issue de la séance inaugurale, Dr Dansa Kourouma a été élu président de l’Assemblée nationale. Dans son premier discours, il a appelé les députés à faire du Parlement un acteur central de la refondation institutionnelle du pays, en privilégiant des lois de qualité, un contrôle efficace de l’action gouvernementale et une représentation fidèle des citoyens.
« Nous avons commencé avec 114 députés et aujourd’hui nous nous retrouvons avec 147 députés élus, représentants de toutes les couches sociales, politiques et des territoires de notre pays. Nous avons un objectif commun : poursuivre la refondation par la construction d’institutions solides, des institutions qui résistent au temps et à la tentation des hommes », a-t-il déclaré.
Le nouveau président du Parlement a également plaidé pour une production législative davantage orientée vers les besoins de la population.
« Nous devons voter des lois qui tiennent compte des aspirations profondes du peuple de Guinée et lutter contre l’inflation juridique. Les lois pour les lois, non ; nous voulons des lois de qualité qui contribuent à la mise en œuvre de la vision du chef de l’État et au bien-être de la population », a-t-il ajouté.
Évoquant la mission de contrôle de l’action gouvernementale, Dr Dansa Kourouma a insisté sur le respect du principe de séparation des pouvoirs. Selon lui, cette prérogative ne doit pas être interprétée comme une confrontation avec l’exécutif, mais comme un mécanisme destiné à évaluer la pertinence, l’efficacité et l’efficience des politiques publiques au bénéfice des citoyens.
Il a enfin rappelé aux députés leur responsabilité vis-à-vis de leurs électeurs.
« La mission de représentation nationale est essentielle. Chacun a été élu dans une circonscription électorale et les populations attendent de nous des résultats. Nous avons un contrat social avec ces citoyens. Nous devons travailler de telle sorte qu’ils se retrouvent dans les décisions que nous allons prendre », a conclu le président de l’Assemblée nationale, appelant les parlementaires à placer l’intérêt général au cœur de leur mandat.
TE/Sf/APA







