Le Sénégal veut faire de l’industrialisation verte un moteur de l’autonomisation économique des femmes, particulièrement dans la transformation agroalimentaire où elles portent près des trois quarts des entreprises et des projets, selon les conclusions d’une étude stratégique de Mouhamadou Moustapha Sow, présentée mardi à Dakar.
Réalisée par le Bureau de mise à niveau (BMN) avec l’appui de l’African Climate Foundation (ACF), l’étude de Mouhamadou Moustapha Sow met en évidence les obstacles qui freinent la compétitivité des entreprises agroalimentaires dirigées par des femmes : accès limité au financement, aux technologies propres, aux équipements performants, aux compétences techniques et aux marchés à forte valeur ajoutée.
Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Industrie et du Commerce, le secrétaire général du ministère, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, a souligné que la transition écologique devait être considérée comme « un puissant levier de compétitivité, d’innovation et de création de richesses », en cohérence avec la Vision Sénégal 2050.
« Il ne saurait y avoir de transformation industrielle durable sans une pleine participation des femmes aux processus de création de valeur, d’innovation et d’investissement », a-t-il déclaré.
L’étude souligne également que les coûts élevés de l’énergie, les effets du changement climatique et les nouvelles normes environnementales des marchés internationaux fragilisent davantage les petites et moyennes entreprises du secteur agroalimentaire.
Pour la directrice du BMN, Fatou Dyana Ba, ces constats imposent un accompagnement renforcé des entrepreneuses à l’heure où le pays accélère son industrialisation avec le développement des agropoles et des nouvelles zones industrielles.
Elle plaide notamment pour un meilleur accès à la finance verte, des programmes spécifiquement dédiés aux femmes, ainsi que le développement de l’économie circulaire afin de valoriser les déchets issus de la transformation agroalimentaire.
« Près des trois quarts des entreprises ou des projets sont portés par des femmes ou présentent une forte composante féminine », a-t-elle rappelé.
L’auteur de l’étude, Mouhamadou Moustapha Sow, estime que l’industrialisation verte constitue un véritable outil de réduction de la précarité des femmes entrepreneuses. Si les technologies existent, leur coût reste toutefois un frein majeur.
« Le principal problème reste l’accessibilité financière des équipements. Il faut mettre en place de véritables mécanismes de financement afin de permettre aux femmes d’y accéder », a-t-il recommandé.
L’étude préconise également un renforcement des capacités techniques afin que les entrepreneuses puissent maîtriser les nouvelles technologies vertes et saisir les opportunités offertes par la transition écologique.
De son côté, l’African Climate Foundation a insisté sur la nécessité d’une transition climatique inclusive. Sa représentante, Aïssatou Diouf, a estimé qu’« il ne peut y avoir de transition climatique réussie sans transition juste », appelant à mieux associer les femmes, les PME et les territoires aux bénéfices de la transformation économique.
L’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) a, pour sa part, invité le Sénégal à intégrer dès la conception de ses futurs parcs industriels les exigences d’efficacité énergétique, d’économie circulaire, de gestion des déchets et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Selon son représentant, Malick Sy, cette nouvelle dynamique industrielle offre au Sénégal l’opportunité de devenir « un champion africain de l’industrie verte ».
Le ministère de l’Industrie entend désormais s’appuyer sur les recommandations de cette étude pour développer des projets bancables et renforcer l’accompagnement des PME vers une industrie plus compétitive, plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement.
ARD/te/Sf/APA







