Jugé « trop faible » par les deux parties, le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique, actuellement estimé à 27 milliards de dollars, devrait être doublé dans les prochaines années. C’est l’un des engagements phares issus des consultations tenues mardi à Addis-Abeba entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.
Doubler le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique d’ici 2027. C’est l’objectif affiché à l’issue des consultations politiques tenues mardi au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, dans une atmosphère qualifiée de « confiante et amicale ».
Estimés à environ 27 milliards de dollars, les échanges entre Moscou et le continent africain sont jugés très en deçà du potentiel réel des deux parties. Le président de la Commission de l’UA a plaidé pour une accélération des investissements russes en Afrique, en particulier dans les secteurs stratégiques que sont l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et les sciences et technologies.
Des avantages comparatifs reconnus
Mahmoud Ali Youssouf a mis en avant les atouts spécifiques de la Russie susceptibles de répondre aux besoins du continent : biotechnologie, production de vaccins, équipements militaires, dont se dotent déjà de nombreux États membres de l’UA. Pour le président de la Commission, les investissements russes en Afrique constituent le levier le plus efficace pour consolider durablement le partenariat entre les deux parties.
« Nous devons nous concentrer sur les investissements, l’innovation et le transfert de technologie pour des résultats concrets », a-t-il insisté, fixant ces priorités comme feuille de route du troisième sommet Russie-Afrique prévu à Moscou en octobre prochain.
Des mécanismes pour fluidifier les échanges
Pour traduire ces ambitions en actes, les deux parties ont convenu de mettre en place des dialogues sectoriels réguliers impliquant les ministères et structures compétents de Russie et de l’UA. Des consultations politiques annuelles ont également été actées, afin de structurer sur le long terme une relation qualifiée d’« en construction » par Lavrov.
Une déclaration commune a été adoptée à l’issue des discussions, couvrant des domaines aussi variés que la sécurité, les finances, l’industrie, le commerce, l’éducation, l’énergie, la santé et l’agriculture.
Sécurité, Ebola et Ormuz
Au-delà des enjeux économiques, les deux responsables ont abordé les crises sécuritaires en cours sur le continent, notamment dans la zone Sahélo-Saharienne, la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique. Lavrov a réaffirmé le soutien de Moscou au principe des « solutions africaines aux problèmes africains ».
La récente résurgence du virus Ebola a aussi été évoquée, Youssouf saluant l’appui russe en matière d’équipements de diagnostic PCR. La situation dans le détroit d’Ormuz a par ailleurs été abordée, le président de la Commission soulignant ses répercussions directes sur les chaînes d’approvisionnement africaines en carburant et en engrais, aggravant l’inflation sur le continent.
Cap sur Moscou en octobre
Lavrov a invité Mahmoud Ali Youssouf à Moscou fin octobre pour le troisième sommet Russie-Afrique, après ceux de Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023. Il a également annoncé que sa délégation se rendra mercredi à Niamey pour une réunion ministérielle avec l’Alliance des États du Sahel -Niger, Mali et Burkina Faso- en tenant compte des acquis des discussions d’Addis-Abeba.
Sur le plan multilatéral, les deux parties ont réaffirmé leur soutien à une meilleure représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, réclamant deux sièges permanents et cinq non permanents pour le continent.
AC/Sf/APA







