Un dénouement majeur vient de marquer l’actualité judiciaire ivoirienne ce lundi 6 juillet 2026. La Cour d’Appel d’Abidjan a officiellement ordonné la mise en liberté provisoire du jeune cyberactiviste Ibrahim Zigui, figure bien connue de l’opposition et fervent partisan de l’ancien président Laurent Gbagbo.
L’avocat de l’activiste Ibrahim Zigui, Me Ange Rodrigue Dadjé, a immédiatement exprimé son soulagement après la décision rendue par la Cour d’Appel d’Abidjan.
« Merci aux Autorités ivoiriennes et à la Justice pour leur clémence. Merci Seigneur », a lancé le conseil de l’activiste.
La libération provisoire suspend l’incarcération du jeune communicant au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA), la plus grande prison de Côte d’Ivoire, et marque un signal fort de décrispation politique dans le pays.
Ibrahim Zigui avait été interpellé en septembre 2025 dans des conditions qui avaient suscité une vive émotion au sein de son camp politique. L’activiste avait été appréhendé à son domicile par des éléments des forces de l’ordre.
Ses proches et ses conseils juridiques avaient initialement dénoncé un « enlèvement », affirmant que son lieu de détention était resté secret durant quatre jours et que son appartement avait été entièrement fouillé.
La justice ivoirienne lui reprochait la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok et Facebook où il cumule des centaines de milliers d’abonnés. Dans cet enregistrement, il appelait la population et la jeunesse à se mobiliser massivement le jour où le Conseil constitutionnel devait publier la liste définitive des candidats retenus pour l’élection présidentielle.
Face à la tournure des événements, le jeune cyberactiviste avait tenté d’apaiser la situation quelques mois après son arrestation. En mars 2026, il avait formulé des excuses publiques officielles envers le chef de l’État ainsi qu’envers la présidente du Conseil constitutionnel.
Malgré cette démarche, le tribunal criminel s’était montré particulièrement sévère. Le 18 mai 2026, Ibrahim Zigui avait écopé d’une lourde peine de cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende de 20 millions de FCFA pour « provocation à l’insurrection » et « trouble à l’ordre public ». La décision rendue par la Cour d’Appel ce jour vient ainsi bousculer l’exécution de ce premier verdict.
AP/Sf/APA







