Deux ans après la disparition forcée des militants Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, l’ONG « Tournons La Page » publie un rapport dénonçant une « épidémie » d’enlèvements en Guinée, marquée par une multiplication des disparitions forcées, des arrestations extrajudiciaires et des enlèvements visant des acteurs de la société civile, des journalistes, des opposants politiques et des défenseurs des droits humains.
Selon l’ONG « Tournons La Page », la série des enlèvements, disparitions et arrestations s’est intensifiée en Guinée depuis 2024 et s’inscrit dans un contexte de rétrécissement de l’espace civique. TLP affirme que les enlèvements sont devenus un mode de répression destiné à faire taire les voix critiques, dans un climat marqué par la peur et l’impunité. L’ONG estime que l’absence d’enquêtes judiciaires crédibles encourage la répétition de ces violations des droits fondamentaux.
Le rapport revient notamment sur le cas d’Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et de Mamadou Billo Bah, tous deux portés disparus depuis le 9 juillet 2024 après leur enlèvement présumé à Conakry. Deux ans après les faits, leurs familles et les organisations de défense des droits humains affirment être toujours sans nouvelles de leur sort, malgré les nombreuses interpellations adressées aux autorités.
« Tournons La Page » indique avoir documenté plusieurs autres cas d’enlèvements ou de disparitions forcées touchant des militants, des journalistes et des citoyens ordinaires. L’organisation appelle les autorités guinéennes à ouvrir des enquêtes indépendantes, à identifier les auteurs de ces actes et à garantir la protection des libertés publiques conformément aux engagements internationaux de la Guinée.
L’ONG exhorte également les partenaires régionaux et internationaux de la Guinée, notamment les organisations africaines et les mécanismes des Nations Unies, à maintenir leur vigilance face à la dégradation de la situation des droits humains. Elle demande que toute la lumière soit faite sur les disparitions signalées et que les responsables répondent de leurs actes devant la justice.
Depuis le lancement, le 1er juin 2026, de sa campagne de mémoire et de plaidoyer en faveur des victimes de disparitions forcées, TLP-Guinée affirme avoir mobilisé plusieurs millions de personnes sur les réseaux sociaux afin de maintenir la pression pour obtenir vérité et justice pour les victimes et leurs familles.
TE/Sf/APA







