La coalition de l’opposition CAP Côte d’Ivoire exprime une profonde inquiétude après l’annonce par le gouvernement du transfert direct au Parlement du projet de loi sur le nouvel organe électoral, dénonçant une démarche unilatérale et un refus de dialogue de la part du parti au pouvoir.
À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 1er juillet 2026, l’annonce par le porte-parole du gouvernement du transfert direct à l’Assemblée nationale du projet de loi créant le nouvel organe électoral a suscité une vive réaction de la CAP Côte d’Ivoire.
Cette coalition de l’opposition, CAP Côte d’Ivoire, désormais dirigée par Affi N’Guessan, dénonce une décision unilatérale, prise sans aucune véritable concertation préalable avec les partis politiques et la société civile.
Cette décision surprend d’autant plus les acteurs politiques que le gouvernement avait lui-même justifié la dissolution récente de la Commission Électorale Indépendante (CEI) par la volonté de répondre aux contestations de la classe politique.
Pour l’opposition, le pouvoir RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix) choisit paradoxalement l’isolement au moment précis où le pays dispose d’une occasion historique de bâtir un consensus national durable.
La CAP Côte d’Ivoire rappelle qu’elle avait pourtant salué l’initiative initiale du Premier ministre de réunir les forces politiques et civiles pour exposer l’architecture du futur organe. Cependant, ce qui devait être le point de départ d’un dialogue inclusif sur les missions, la composition et les garanties d’indépendance de l’institution s’est révélé n’être qu’une simple présentation descendante.
« Informer (l’opposition et la société civile) n’est pas dialoguer. Présenter un projet n’est pas construire un consensus. Écouter sans accepter de discuter revient à transformer la consultation en simple formalité », déplore fermement la coalition de l’opposition.
Pour l’opposition, la refonte de l’organe électoral ne relève pas d’une simple réforme administrative ordinaire modifiable à la majorité parlementaire. Elle touche directement au cœur du pacte démocratique et détermine la sincérité des futurs scrutins ainsi que la stabilité du pays.
La coalition rappelle une vérité historique propre à la Côte d’Ivoire : ce n’est pas la majorité qui garantit la paix au lendemain d’un scrutin, mais la confiance globale dans les institutions, et celle-ci ne s’impose pas, elle se construit.
Regrettant que le pouvoir refuse de tirer les leçons de trois décennies de crises électorales meurtrières, la CAP Côte d’Ivoire appelle le gouvernement et le parti au pouvoir (RHDP) à une prise de responsabilité morale devant les générations futures.
L’opposition demande que les discours officiels sur le « vivre-ensemble » se traduisent par un acte concret : l’ouverture immédiate d’un dialogue politique inclusif associant partis, société civile et experts électoraux avant tout examen du texte par les députés.
En prenant à témoin l’opinion nationale et internationale des « risques incalculables » que fait courir cette méthode unilatérale à la paix sociale, la coalition conclut sur une mise en garde : la paix durable se construit impérativement avant les élections, en concevant ensemble des institutions acceptées par tous.
AP/APA







