Le gouvernement burkinabè a adopté un décret réglementant les interventions humanitaires, instaurant une accréditation obligatoire pour les organisations intervenant dans ce secteur et renforçant le contrôle de l’État sur leurs activités, tout en mettant l’accent sur l’autonomisation des bénéficiaires et la protection de leur dignité.
Adopté en Conseil des ministres sur proposition du ministère de la Famille et de la Solidarité, le décret instaurant l’accréditation obligatoire pour les organisations humanitaires au Burkina Faso a été pris dans un contexte marqué par une crise sécuritaire ayant entraîné une multiplication des acteurs humanitaires auprès des populations affectées.
La nouvelle réglementation vise à mieux encadrer les interventions des organisations intergouvernementales, des ONG nationales et internationales, des associations, des organisations confessionnelles ainsi que des partenaires bilatéraux et multilatéraux.
La ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a expliqué que l’accréditation permettra à l’État de mieux suivre la répartition géographique des organisations et leurs zones d’intervention, afin d’améliorer la coordination et la complémentarité des actions.
Le décret entend également corriger les insuffisances relevées dans la gestion de l’aide, notamment en matière de coordination, de partage d’informations, de redevabilité et de respect des priorités nationales. Il prévoit un meilleur suivi des ressources mobilisées ainsi qu’une traçabilité renforcée des interventions humanitaires.
Par ailleurs, le texte impose que 60 % des financements humanitaires soient consacrés au relèvement précoce et aux actions d’autonomisation des bénéficiaires, dans l’objectif de réduire leur dépendance à l’assistance prolongée.
Le gouvernement introduit également de nouvelles dispositions éthiques. Il interdit désormais la diffusion d’images de personnes vulnérables aux côtés des dons qui leur sont destinés, afin de préserver leur dignité. Le décret consacre en outre le principe de la promotion de la consommation locale dans l’acquisition des biens distribués aux populations bénéficiaires.
Selon les autorités, cette réforme renforce le cadre juridique et institutionnel des interventions humanitaires et vise à améliorer l’efficacité de l’aide tout en garantissant son alignement sur les priorités de l’État burkinabè.
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